Nucléaire iranien: Le marathon final des négociations commence

DIPLOMATIE Une «chance historique» selon Washington...

20 Minutes avec AFP

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La table des négociations lors d'une réunion "5+1" (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et l'Iran à Vienne, en mars 2014
La table des négociations lors d'une réunion "5+1" (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et l'Iran à Vienne, en mars 2014 — Dieter Nagl AFP

Une «chance historique» selon Washington, une «occasion unique d'entrer dans l'Histoire» d'après Téhéran : la négociation finale sur le nucléaire iranien a commencé jeudi matin à Vienne, lestée d'une forte charge de solennité.

«C'est un moment crucial dans les efforts internationaux pour résoudre l'un des défis de politique étrangère les plus difficiles de notre temps», a encore insisté William Hague, le chef de la diplomatie britannique.

Pour que l'Iran ne cherche pas à se doter de la bombe nucléaire

L'élan apporté par ces discours sera nécessaire aux négociateurs entrés en réunion peu après 09H00, tant les positions semblent encore éloignées entre l'Iran d'une part, et d'autre part les grandes puissances du 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Experts et hauts responsables politiques entament un marathon qui pourrait se poursuivre jusqu'à la date-limite du 20 juillet.

L'accord négocié depuis le début de l'année garantirait que l'Iran ne cherche pas à se doter de la bombe nucléaire. En échange, les sanctions internationales qui privent chaque semaine ce pays de milliards de revenus du pétrole seraient levées. Il favoriserait aussi la normalisation des relations entre Occidentaux et la République islamique, dans un Moyen-Orient plus que jamais explosif, avec la progression des jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak, et la guerre civile en Syrie.

Il réduirait enfin le risque de prolifération nucléaire dans la région. Outre Israël, les monarchies pétrolières sunnites du Golfe persique envisagent avec effroi la perspective d'un Iran chiite ayant la bombe atomique.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a rappelé en détail les efforts consentis par l'Iran pour faire la transparence sur ses activités, et plaidé à nouveau que son pays, pour des raisons «morales», «religieuses» et «stratégiques», ne voulait pas la bombe. Il a aussi tenté de démontrer que les sanctions infligées à l'Iran n'avaient pas empêché la poursuite d'un programme nucléaire civil.

Des points de désaccord qui traînent

La capacité d'enrichissement d'uranium que conserverait l'Iran est l'un des principaux points de divergence empêchant pour l'heure la conclusion d'un accord.

L'Iran est prêt de son côté à modifier les plans de son réacteur à eau lourde en construction à Arak, près de Téhéran, en vue de garantir qu'il ne pourra pas produire de plutonium - l'autre combustible possible d'une bombe nucléaire, au côté de l'uranium hautement enrichi. Téhéran refuse en revanche de mettre sur la table son programme de missiles - les vecteurs possibles d'une bombe - en arguant que cette capacité balistique est une question de défense nationale, et non de politique nucléaire.

Les discussions pourraient, d'un commun accord, être prolongées pendant six mois. Mais ni l'Iran, ni le 5+1 ne veulent, à ce stade, envisager publiquement cette solution. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a prévenu au contraire les Iraniens que «les Etats-Unis et leurs partenaires n'accepteront aucune prolongation si c'est pour faire traîner les négociations en longueur».