Mondial 2014: «Meurtre par temps froid»… Les tatouages lost in translation de la Coupe du monde

FOOTBALL Les joueurs qui se font tatouer des caractères chinois n’en connaissent pas toujours le sens…

Mathias Cena

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Le Grec Fanis Gekas (à droite) à la lutte avec le Japonais Maya Yoshida pendant leur match de poules de la Coupe du monde, le 19 juin 2014.
Le Grec Fanis Gekas (à droite) à la lutte avec le Japonais Maya Yoshida pendant leur match de poules de la Coupe du monde, le 19 juin 2014. — Ricardo Mazalan/AP/SIPA

Un tatouage en caractères chinois, ça en jette, et ça paraît souvent être une excellente idée… Sauf quand ni le tatoueur ni le client ne comprennent la langue. Cela peut alors donner des choses ésotériques:

«Soupe au poulet et aux nouilles».

Les pelouses brésiliennes sont pour les joueurs de la Coupe du monde les podiums rêvés pour tenter d’imposer leur style à la planète entière, que ce soit au rayon capillaire ou à même la peau. Jusqu’au moment où des tatouages malheureux sont repérés par les internautes chinois et japonais (les caractères chinois sont aussi utilisés dans l’écriture du japonais).

Fanis Gekas (Grèce), «meurtre par temps froid»

Déjà épinglé pour faute de tatouage en Afrique du Sud il y a quatre ans, l’attaquant grec Theofanis «Fanis» Gekas parade de nouveau sur les terrains avec sur l’avant-bras droit des caractères qui se traduisent en japonais par l’équivalent de «temps froid, meurtre, démon». Apparemment, le message qu’il souhaitait véhiculer était «tueur à sang froid». Pour une fois, Chinois et Japonais s’accordent pour dire que ça n’a aucun sens.

Eden Hazard (Belgique), de travers

Rien de scandaleux, mais un petit problème d’orientation pour le Belge Eden Hazard. Il s’est fait tatouer sur le côté gauche le prénom de son fils, Yanis, en katakana, l’un des deux alphabets syllabiques japonais. Cela donne en phonétique «Jan-nis»: juste une petite erreur de transcription, le «ya» étant devenu «ja». Mais au lieu d’écrire verticalement en conservant l’orientation normale des caractères, comme le font les Japonais, le tatoueur du milieu offensif de Chelsea a infligé à l’ensemble une rotation à 90 degrés, ce qui le rend difficilement lisible.

Fredy Guarin (Colombie), alias Danny Zong

Le Colombien Fredy Guarin remporte le prix du mystère. Le tatouage à trois caractères sur son avant-bras a en japonais le sens de «vermillon, nonne, secte (bouddhiste)» et pourrait être en chinois le nom «Danny Zong». Mais qui est-ce?

Antonio Cassano (Italie), la «nonne bon marché de l’Est»

Chez Antonio Cassano, l’intention est claire. Le sens, moins. Les quatre caractères tatoués sur l’épaule gauche de l’attaquant de Parme peuvent en effet se prononcer en Japonais «An-too-ni-oo», comme son prénom. Mais le sens de ces caractères laisse plus perplexe: «Bon marché, est, nonne, intérieur». Cela a au moins le mérite de dérider les internautes japonais, dont l’équipe a déjà quitté le Mondial.

Le lost in translation ne connaît pas les frontières, et peut aussi être dangereux en anglais: la jeune chanteuse japonaise Ai Takahashi en a fait la douloureuse expérience. Fin mai, l’ancienne membre du groupe de j-pop Morning Musume a posté sur son blog cette photo, sur laquelle elle arbore un joli t-shirt «I am a whore» («Je suis une traînée»).

Une provocation bien involontaire de la jeune artiste, qui, comble de malchance, avait ce jour-là enregistré une émission de télévision. Grâce à quelques astuces visuelles, le programme a finalement pu être diffusé. Au moins, ce n’était pas un tatouage.