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JAPONJapon: Des propos sexistes tenus à l'Assemblée municipale de Tokyo indignent le pays

Japon: Des propos sexistes tenus à l'Assemblée municipale de Tokyo indignent le pays

JAPONL'un des auteurs des propos a finalement avoué les avoir tenus. Une pétition demandant qu'il soit puni a rassemblé près de 90.000 signatures...
De notre correspondant à Tokyo, Mathias Cena

De notre correspondant à Tokyo, Mathias Cena

Les remarques sexistes ont volé alors qu’elle intervenait pendant une séance de l’Assemblée municipale de Tokyo. Mercredi dernier, Ayaka Shiomura, une élue de 35 ans, interroge des responsables municipaux sur la politique de la famille, quand le premier quolibet tombe: «Tu devrais te marier vite fait!» Suivi des rires d’une partie de la salle. Alors qu’elle poursuit stoïquement, évoquant les programmes de traitement de l’infertilité pour les femmes, elle est de nouveau interrompue: «Tu peux même pas avoir d’enfants?»

«Au lieu de condamner ses propos, d’autres hommes ont fait des remarques similaires, et les rires ont rempli la salle», témoigne Ayaka Shiomura sur le blog «Japan Real Time» du Wall Street Journal. «Je me suis sentie marginalisée dans cet environnement rétrograde où personne ne semblait penser que ces hommes avaient tort.»

Pétition en ligne pour que l’auteur des remarques soit puni

Le récit de l’incident (visible en vidéo sur le site de la NHK) sur le blog d’un élu du même parti, qui précise qu’Ayaka Shiomura a terminé ses questions en pleurs, ainsi qu’un tweet de l’intéressée, ont vivement fait réagir sur Internet. Une pétition en ligne réclamant que l’auteur des remarques soit puni avait déjà recueilli près de 90.000 signatures lundi.

Un recours présenté par Ayaka Shiomura devant l’Assemblée municipale a dans un premier temps été refusé, au motif que l’indélicat n’avait pas pu être identifié. Ce lundi, le nom de l’auteur de l’une des remarques sexistes a finalement été rendu public. Akihiro Suzuki, un élu du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, a présenté ses excuses à Ayaka Shiomura, qu’il a longuement réitérées au cours d’une conférence de presse. L’homme, qui avait initialement nié toute implication, a présenté sa démission du parti.

« 外堀うめられて、やっと謝罪した鈴木章浩都議 pic.twitter.com/Vj6vB3Jox0 — kinokuniyanet (@kinokuniyanet) June 23, 2014 »



Ces remarques ont une résonance particulière au Japon, où le Premier ministre Shinzo Abe, issu du même Parti libéral démocrate, multiplie depuis quelques mois les discours sur la nécessité d’accorder une plus grande place aux femmes au Japon. Concilier vie familiale et carrière professionnelle est une gageure pour les Japonaises, souvent contraintes pour diverses raisons de quitter leur emploi après avoir eu un enfant.

Dans les entreprises nipponnes, elles sont sous-représentées dans les postes de direction: 11 % dans le secteur privé. La situation est comparable en politique: l’assemblée municipale de Tokyo compte moins de 20 % de femmes, avec 25 élues pour 127 sièges, tandis que la proportion est encore inférieure au Parlement: 78 femmes sur 722 élus, soit 10 %.

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