«Vous ne pouvez pas bombarder le savoir-faire»

C. L. Avec AFP

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La première réaction de l'Iran au rapport de l'AIEA a été modérée. "Le rapport de l'AIEA n'est pas négatif" et "très factuel", a déclaré Mohammad Saïdi, vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. "Les activités d'enrichissement d'uranium se poursuivent dans un cadre de recherche et sous le contrôle de l'AIEA", a ajouté le responsable iranien.
La première réaction de l'Iran au rapport de l'AIEA a été modérée. "Le rapport de l'AIEA n'est pas négatif" et "très factuel", a déclaré Mohammad Saïdi, vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. "Les activités d'enrichissement d'uranium se poursuivent dans un cadre de recherche et sous le contrôle de l'AIEA", a ajouté le responsable iranien. — Markus Leodolter AFP
Le nucléaire iranien à nouveau sur le devant de la scène internationale. Le principal négociateur iranien sur la question, Ali Larijani, rencontre ce mardi à Vienne Mohamed ElBaradei, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ce dernier doit rendre ces jours-ci un rapport au Conseil de sécurité de l’ONU confirmant que l'Iran enrichit l'uranium avec une maîtrise croissante.

Les deux hommes doivent discuter de la proposition de «pause» présentée par ElBaradei qui prévoit une suspension de l'enrichissement par l'Iran et une suspension des sanctions décidées dans une résolution du 23 décembre des Nations unies. Une proposition rejetée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, avant même le début de la rencontre entre le patron de l’AIEA et le négociateur de Téhéran.

Il va s'agir «d'un effort de dernière minute», a déclaré Mohamed ElBaradei dans un entretien publié mardi par le «Financial Times». Il estime aussi que l'Iran aura dans six mois à un an acquis le savoir-faire pour enrichir de l'uranium à une échelle industrielle, avec 3.000 centrifugeuses fonctionnant «en cascade». Mais l'Iran est encore «très loin d'avoir la capacité de fabriquer une bombe», a-t-il tenu à préciser.

«Vous ne pouvez pas bombarder le savoir-faire», a-t-il ajouté en mettant en garde contre toute intervention militaire américaine ou israélienne et même contre un durcissement des sanctions. Il a prôné au contraire un dialogue accru, assorti de garanties de sécurité des Etats-Unis, pour rompre les tensions «psychologiques» et éviter de déstabiliser la région.

«La situation idéale est de s'assurer qu'il n'y a pas de capacité industrielle, qu'il y a des inspections complètes» des installations nucléaires iraniennes, selon lui.