L'impopularité monarchique va gâcher l'intronisation du futur roi d'Espagne

ESPAGNE Si Juan Carlos a abdiqué au profit de son fils, c’est en grande partie à cause des nombreux scandales qui touchent la monarchie. Trois membres de marque seront absents demain à l’intronisation de Felipe...

G.L.B. avec AFP

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Inaki Urdangarin, Cristina d'Espagne et Juan Carlos 1er le 22 mai 2006 à Barcelone
Inaki Urdangarin, Cristina d'Espagne et Juan Carlos 1er le 22 mai 2006 à Barcelone — Jasper Juinen/AP/SIPA

Le grand jour approche. Jeudi, Felipe succédera officiellement à son père Juan Carlos après son abdication le 2 juin, entérinée depuis par les députés et les sénateurs espagnols. Mais ce passage de relais se fait dans la tourmente.

La famille royale fait face à la plus grave crise de son histoire depuis la fin de la dictature franquiste en 1975, à tel point que Cristina (la sœur de Felipe) et son mari ainsi que Juan Carlos lui-même seront absents de la cérémonie. Retour sur les dérives de la famille royale espagnole…

Des affaires dérangeantes 

Tout commence en 2011. Le mari de l’infante Crisitna, Iñaki Urdangarin est soupçonné de détournement de 6,1 millions d’euros d’argent public via l’institut Noos, société à but non lucratif qu’il a présidée entre 2004 et 2006. La réaction de la famille royale ne se fait pas attendre et l’ancien champion olympique de handball est immédiatement écarté. Symboliquement, au musée de cire à Madrid, sa statue est séparée du reste de la famille royale.

Mais le pire reste à venir. Le 7 janvier 2014, c’est Cristina elle-même qui est inculpée pour «délits fiscaux présumés et blanchiment de capitaux». Depuis, la sœur du nouveau roi a totalement disparu des écrans radars. Elle travaille en Suisse pour la fondation humanitaire de la banque ibérique La Caixa.

Dans l'intervalle, le roi Juan Carlos est lui-même accusé par les médias espagnols de chasser des éléphants en Afrique, comme peut l’attester une photo où il prend la pose devant un éléphant tué. 

En pleine période de crise, l’opinion publique et les associations de défense des animaux sont choquées par les actes et les dépenses de la famille royale.

La monarchie menacée? 

«Ils sont supposés nous représenter mais ils sont les premiers à se retrouver au milieu de ce foin...», s’indigne Paula Aciego, une étudiante de 22 ans. Comme beaucoup d’Espagnols, les dérives de la monarchie espagnole incitent de nombreux citoyens à réclamer l'instauration d'une République. La semaine dernière, des manifestations s’étaient déroulées aux abords du Parlement pour demander un référendum. 

Espoir d'une monarchie désormais contestée par environ un Espagnol sur deux, selon les sondages, Felipe reste populaire, mais dispose d'une étroite marge de manoeuvre, dans un pays où la crise économique et un taux de chômage de 26% ont engendré une perte de confiance dans les institutions. Ce qui est certain, c’est que dès le début de son règne, Felipe devra avoir une attitude exemplaire pour redorer le blason de la famille royale.