Etats-Unis: Les exécutions reprennent après l'injection létale ratée d'Oklahoma

MONDE Alors que l'enquête sur l'agonie d'un condamné à mort n'est toujours pas terminée...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une chambre d'injection létale aux Etats-Unis.
Illustration d'une chambre d'injection létale aux Etats-Unis. — RIC FELD/AP/SIPA

Les Etats-Unis ont réalisé, dans la nuit de mardi à ce mercredi, leurs deux premières exécutions depuis la longue agonie d'un condamné il y a sept semaines en Oklahoma, qui a suscité la polémique sur la méthode d'injection létale.

Aucune exécution n'avait eu lieu dans le pays depuis le 29 avril, quand Clayton Lockett avait péri dans d'apparentes souffrances 43 minutes après l'injection d'un nouveau cocktail létal en Oklahoma (sud), contre une dizaine de minutes habituellement.

Un ultime feu vert de la Cour suprême

Après le report de cinq exécutions, deux hommes ont été mis à mort dans la nuit de mardi à mercredi à un peu plus de deux heures d'intervalle en Géorgie (sud-est) et au Missouri (centre), a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires.

La Cour suprême avait donné son ultime feu vert malgré des recours invoquant le secret entourant les procédures d'injection mortelle, l'origine des barbituriques et le niveau de qualification des personnels procédant à l'exécution.

Marcus Wellons, meurtrier d'une adolescente, a été déclaré mort à 23h56 (3h56 GMT) au pénitencier de Jackson (Géorgie), quand, à des milliers de kilomètres de là, John Winfield, condamné pour le meurtre de deux femmes, a succombé à 0h10 (5h10) à Bonne Terre (Missouri).

«Profondément dérangeante»

A moins d'un sursis de dernière minute, une troisième exécution devrait se produire en moins de 24 heures, avec l'injection à 22h GMT en Floride (sud-est) de John Henry, pour le meurtre de sa femme.

Ce sont les premières exécutions «depuis l'exécution désastreuse de l'Oklahoma qui a déclenché un tollé», a déclaré Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale. Pourtant, «l'enquête sur cette exécution est loin d'être terminée et le réexamen national de toutes les procédures est à peine commencé. Conduire d'autres exécutions apparaît précipité tant qu'on n'en sait pas plus sur ce qui a mal tourné en Oklahoma et comment y remédier», a-t-il indiqué.

L'exécution de Clayton Lockett avait provoqué des protestations jusqu'à la Maison Blanche: Barack Obama l'avait qualifiée de «profondément dérangeante» et ordonné une révision de toutes les procédures d'injection létale du pays.

«Ces personnes ne savent pas ce qu'elles font»

L'Oklahoma a décidé d'un moratoire de six mois le temps de revoir toute sa procédure et de mener une enquête.

L'autopsie a montré que le personnel chargé de l'exécution n'avait pas réussi à poser l'intraveineuse et, après plusieurs essais infructueux, avait perforé la veine fémorale.

«Cela montre que ces personnes ne savent simplement pas ce qu'elles font, qu'elles ne sont pas qualifiées», a dénoncé Deborah Denno, experte de l'injection létale à la Fordham University.