Venezuela : 4.000 femmes vont demander des indemnisations pour des prothèses PIP

20 Minutes avec AFP

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Une prothèse mammaire de marque PIP.
Une prothèse mammaire de marque PIP. — IBO/SIPA

Plus de 4.000 Vénézuéliennes utilisatrices de prothèses mammaires PIP, au centre d'un scandale de santé publique mondial, prévoient de réclamer collectivement devant la justice française des indemnisations, a indiqué ce mardi l'Association des consommateurs du Venezuela (Anauco).

«Au cours de la première quinzaine de juillet, nous espérons présenter les cas d'un premier groupe de 200 femmes porteuses ou ayant porté des prothèses PIP. Une fois que le dossier sera accepté, environ 4.000 de plus s'ajouteront», a expliqué à l'AFP Roberto Leon, président de l'Anauco.

Liquidée en mars 2010, la société française PIP utilisait pour ses implants un gel de silicone non homologué et moins cher que celui déclaré officiellement, pour un gain annuel chiffré à un million d'euros. Certaines prothèses ont connu des fuites de gel.

Maladies liées aux prothèses

La découverte en novembre 2011 d'un cas de lymphome anaplasique à grandes cellules, un type rare de lymphome, chez une femme porteuse de PIP avait conduit les autorités sanitaires françaises à proposer un retrait préventif, mais aucun nouveau cas n'a depuis été signalé.

En novembre dernier, le tribunal de Toulon (France) avait condamné l'entreprise certificatrice allemande TUV à verser 3.000 euros à plus de 1.500 victimes, un chiffre qui pourrait augmenter selon le milieu médical.

Roberto Leon a précisé que les utilisatrices vénézuéliennes déposeraient leurs demandes devant le tribunal d'Aix en Provence (France), qui a confirmé la décision prise par celui de Toulon.

D'après lui, les implants PIP étaient à l'époque les plus utilisés au Venezuela. On estime officiellement que 33.000 femmes sont ou ont été porteuses de prothèses de cette marque au Venezuela, où sont pratiquées 40.000 poses de prothèses mammaires par an.

Scandale sanitaire

Sur le plan pénal, le fondateur de la société PIP, Jean-Claude Mas, 74 ans, insolvable et poursuivi pour «tromperie aggravée» aux dépens des porteuses et «escroquerie» aux dépens de TUV qui s'était porté partie civile, a été condamné le 10 décembre à quatre ans de prison pour avoir vendu durant des années des implants mammaires frauduleux. Il a fait appel.

Après le scandale, le justice vénézuélienne avait ordonné le remplacement gratuit des implants PIP mais seulement dans les cas où ils mettaient en danger imminent la santé des porteuses.

«Le problème est que les substitutions d'implants sont très lentes en raison de la situation du pays, (qui connaît) des manques de fournitures médicales et de devises pour importer de nouvelles prothèses», a poursuivi M. Leon.

Selon le dernier bilan de l'Agence française du médicament et des produits de santé, 17.411 femmes avaient fait retirer fin décembre 2013 leurs implants mammaires PIP, la plupart à titre préventif, pour un nombre de porteuses estimées à 30.000 en France et à plusieurs centaines de milliers dans le monde.