Londres étend son péage urbain aux quartiers cossus

Sandrine Cochard

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Les riches aussi devront payer pour circuler à Londres. Après avoir introduit un système de péage urbain dans le centre de la ville, en 2003, la mairie de Londres l’a étendu lundi aux quartiers cossus de l'ouest. Notting Hill, Knightsbridge, Kensington, Chelsea et Belgravia devront donc s’acquitter des 8 livres (12 euros) pour circuler la journée, payable du lundi au vendredi de 7h à 18h.

Débat à Londres

Appliquée depuis quatre ans autour de la City et de Westminster, la «taxe embouteillage» ne fait pas l'unanimité. Le Centre for Economics and Business Research estime que son extension déboucherait sur la perte de 6.000 emplois et sur un manque à gagner pour le commerce de 236 millions de livres (350 millions d'euros) par an.

L'initiative pourrait même avoir pour effet pervers d'augmenter de 5% les bouchons dans le centre de Londres, selon les prévisions de Transport for London (TFL). Les habitants de l'ouest qui payaient pour entrer dans le centre, vont en effet devenir des résidents de la zone taxée et bénéficieront d'une réduction de 90%, ce qui pourrait les inciter à se déplacer davantage en voiture dans le centre. Mais Londres va encore plus loin. La prochaine étape pourrait être une taxation particulière pour les véhicules les plus polluants. Les 4x4 devraient alors payer 25 livres (32,5 euros) pour circuler dans la capitale.

A l’étranger, chacun sa méthode

Première ville à avoir planché sur la question, Singapour. La métropole de 4,3 millions d’habitants a instauré le péage dès 1975. Tous les automobilistes, taxis compris, paient avec une carte rechargeable à chaque entrée dans des zones restreintes ou à chaque fois qu'ils empruntent des voies d'accès rapide. En période de pointe, le quartier des affaires coûte ainsi 1,6 dollar, soit plus que le métro.
Les pays scandinaves lui ont emboîté le pas. La Norvège est à la pointe dans le domaine: trois de ses plus grandes villes (Oslo, Bergen et Trondheim) utilisent ce système depuis le début des années 90. Quant à sa voisine suèdoise, le péage a été testé durant six mois à Stockholm. Un référendum encourageant plus tard (Les Stockholmois en avaient accepté le principe par le 17 septembre dernier, avec une majorité de 53%), le pays envisage sa mise en place définitive.
D'autres métropoles réfléchissent à des solutions similaires. A Milan, le maire Letizia Moratti souhaite instaurer cette année un péage pour les voitures des non-résidents de la ville, afin de diminuer la pollution malgré l'hostilité des présidents de la province de Milan et de la région Lombardie. Le centre historique de Rome est, lui, divisé en plusieurs zones et interdit aux véhicules particuliers, sauf permis spécial. Ces permis sont valables soit pour une zone soit pour tout le centre et ne sont délivrés qu’aux résidents ou aux personnes y travaillant. Le prix maximal d'un permis spécial permettant également de se garer, est d'environ 350 euros par an.
Enfin coincée sur sa presqu’île, San Francisco étudie la faisabilité d'un péage urbain aux heures de pointe. L'étude ne devrait cependant pas aboutir avant 2008.

Un péage urbain à Paris ?

La multiplication des péages dans les grandes villes a donné des idées aux élus français. Roselyne Bachelot, alors ministre de l’Ecologie, Denis Baupin, adjoint Verts aux Transports à la mairie de Paris et Francis Rol-Tanguy, directeur régional de l'équipement d'Ile-de-France, se sont successivement penchés sur la mise en place d’un tel dispositif à Paris. Sans succès. Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon y sont fermement opposés, préférant miser sur…les transports en commun.