Deux mois après, toujours aucune trace des 200 jeunes filles enlevées par Boko Haram

MONDE Les lycéennes nigérianes enlevées en avril par le groupe islamiste armé restent introuvables…

Audrey Chauvet

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Des manifestants appellent à la libération immédiate des lycéennes enlevées au Nigeria, devant la maison du Nigeria à Londres le 9 mai 2014
Des manifestants appellent à la libération immédiate des lycéennes enlevées au Nigeria, devant la maison du Nigeria à Londres le 9 mai 2014 — Leon Neal AFP

Les photos de Michelle Obama et les manifestations pour libérer les 200 jeunes filles nigérianes enlevées par Boko Haram n’ont pas fait plier les terroristes. Capturées le 14 avril dernier dans leur école de Chibok, ces lycéennes auraient été converties à l’islam dans des camps de la secte islamiste situés dans la forêt de Sambisa, au nord est du Nigeria. Malgré la mobilisation internationale, orchestrée par le mouvement «BringBackOurGirls» («Ramenez-nous nos filles»), les jeunes filles sont toujours captives, deux mois jour pour jour après leur disparition.

Ce samedi, des militants engagés pour leur libération ont promis de faire monter la pression sur le gouvernement. La coordinatrice du mouvement «BringBackOurGirls», Hadiza Bala Usman, a déploré le manque de progrès en vue de libérer ces jeunes filles des griffes de leurs ravisseurs. «Pour nous, le vrai progrès aurait été que les filles aient pu être libérées, mais ce n'est pas le cas. Evidemment que nous ne sommes pas satisfaits. Cela fait 61 jours aujourd'hui et aucune de ces filles n'a été secourue par l'armée nigériane», a-t-elle déclaré à l'AFP au cours d'une nouvelle manifestation de soutien samedi à Abuja. «Nous devons renforcer notre mobilisation et travailler afin que ce problème devienne la priorité du gouvernement, tant qu'elles n'auront pas été libérées», a-t-elle ajouté.

Négociation et coopération internationale

Le père d’une des jeunes filles enlevées, interrogé par RTL, a appelé le gouvernement nigérian à négocier avec les islamistes: «Nous n'avons pas eu de nouvelles de nos filles, absolument rien. Nous appelons le gouvernement à nous aider, car c'est au-dessus de nos moyens. Que pouvons-nous faire, nous, parents ? La négociation, c'est la solution.» Mais pour les observateurs de la politique nigériane, le cas des lycéennes enlevées n’est qu’un problème annexe au démantèlement extrêmement compliqué de Boko Haram. Vivement critiqué par la communauté internationale, le régime du président Goodluck Jonathan n’a pas pris de décision forte pour mettre à mal Boko Aram. 

Le sommet de Paris, en mai dernier, a toutefois permis de mobiliser l’armée camerounaise, qui a envoyé 3.000 hommes sur sa frontière, et les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont envoyé des spécialistes du renseignement au Nigeria pour tenter de localiser les lycéennes. Une coopération internationale qui pourrait permettre de faire avancer la lutte contre la secte islamiste qui a encore enlevé une vingtaine de femmes et commis d’autres attentats depuis le mois d’avril.