Enlèvement d'Israéliens: le Hamas accusé, arrestations en Cisjordanie

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Des soldats israéliens à un check point dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 15 juin 2014
Des soldats israéliens à un check point dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 15 juin 2014 — Menahem Kahana AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé dimanche le mouvement palestinien Hamas d'avoir enlevé trois jeunes Israéliens portés disparus depuis 72 heures, tandis que l'armée a arrêté des dizaines de Palestiniens et bouclé la ville de Hébron en Cisjordanie.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a également pointé les «nombreux indices» qui indiquent une implication du mouvement islamiste, considéré par Israël et les Etats-Unis comme «une organisation terroriste». L'un des jeunes serait de nationalité américaine, selon les médias israéliens.

«Des terroristes du Hamas ont commis l'enlèvement des trois adolescents israéliens. C'est un fait et ce n'est pas une surprise (...) car le Hamas est voué à la destruction d'Israël», a déclaré M. Netanyahu aux médias étrangers à Tel-Aviv.

Il a répété qu'il tenait le président palestinien Mahmoud Abbas pour «responsable de toute attaque émanant d'un territoire sous contrôle palestinien».

Le gouvernement palestinien a répondu, dans un communiqué, qu'il «n'était pas responsable des zones en dehors du contrôle sécuritaire palestinien et qui sont occupées par des dizaines de colonies».

Selon les médias israéliens, les trois jeunes ont disparu alors qu'ils faisaient de l'auto-stop près du Gush Etzion, un bloc de colonies situé entre les villes palestiniennes de Bethléem et Hébron (sud de la Cisjordanie). Cette région est sous contrôle civil et militaire israélien.

Ils ont été identifiés comme Eyal Yifrach, 19 ans, originaire d'Elad (Israël), Naftali Frenkel (16 ans) de Nof Ayalon (Israël), et Gilad Shaer (16 ans), de la colonie de Talmon, en Cisjordanie occupée.

- 'Campagne raciste' -

Réunie à Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, la direction de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a dénoncé une campagne «raciste» et rejeté les «fausses accusations» de M. Netanyahu, estimant que la disparition des trois Israéliens n'était qu'«un prétexte pour étendre la colonisation».

Israël n'a cessé de dénoncer l'alliance entre le Hamas et l'OLP, dirigée par M. Abbas, depuis la signature de leur accord de réconciliation le 23 avril. Cet accord a donné naissance le 2 juin à un gouvernement d'union palestinien soutenu par le Hamas mais composé de personnalités indépendantes.

Un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a qualifié les accusations du Premier ministre israélien de «stupides».

L'armée israélienne a monté une vaste opération de recherches dans la région de Hébron, mobilisant plus de 2.500 soldats, la plus importante depuis des années en Cisjordanie.

«Au cours des dernières 24 heures, nous avons élargi nos opérations et arrêté des dizaines d'activistes du Hamas», a déclaré un porte-parole de l'armée. Parmi les personnes interpellées, figure le député Hassan Youssef, l'un des fondateurs du mouvement islamiste.

Selon le site d'information israélien Walla!, citant des sources palestiniennes, deux activistes du Hamas de la région d'Hébron auraient disparu de leur domicile depuis jeudi soir et sont recherchés.

«Ces arrestations visent à briser notre mouvement mais n'y parviendront pas», a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

- Condamnations internationales -

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon s'est lui loué de la «coordination» entre les services de sécurité israéliens et ceux de l'Autorité palestinienne.

Les troupes continuaient à patrouiller dans les rues de Hébron mais la situation y était calme, a constaté un photographe de l'AFP. Des barrages ont été établis près des entrées de la cité et aucun véhicule n'est autorisé à entrer ou sortir de la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie.

Israël a aussi fermé les deux principaux points de passage entre Israël et la bande de Gaza, sauf pour les cas humanitaires et l'approvisionnement en essence, pour éviter que les trois disparus puissent être transférés à Gaza.

Le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné dimanche le rapt des trois jeunes Israéliens, mais il a aussi regretté la mort d'un garçon de sept ans à Gaza, décédé samedi de ses blessures à la suite d'un raid israélien.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé la libération «immédiate et inconditionnelle» des adolescents.

Par ailleurs, une polémique a éclaté en Israël sur le rôle de la police, accusée de ne pas avoir pris au sérieux un appel téléphonique des jeunes gens avertissant qu'ils étaient enlevés.

Une prière collective s'est déroulée dimanche soir au mur des Lamentations à Jérusalem, le lieu le plus sacré du judaïsme, à l'appel du Grand rabbinat d'Israël, pour la libération des trois Israéliens.