Ukraine: Washington accuse Moscou d'avoir armés les rebelles de lance-roquettes

DIPLOMATIE C'est «inacceptable», selon le département d'Etat...

avec AFP
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Un séparatiste prorusse garde une barricade à Marioupol, dans l'est de l'Ukraine, le 9 juin 2014
Un séparatiste prorusse garde une barricade à Marioupol, dans l'est de l'Ukraine, le 9 juin 2014 — Daniel Mihailescu AFP

Le ton se durcit à nouveau entre les deux puissances. Les Etats-Unis ont accusé vendredi la Russie d'avoir fourni aux insurgés pro-russes dans l'est de l'Ukraine des chars et des lance-roquettes, du matériel qui a franchi ces derniers jours la frontière entre les deux pays.

«Nous estimons que des séparatistes dans l'est de l'Ukraine ont acquis des armes lourdes et des équipements militaires auprès de la Russie, notamment des chars et lance-roquettes russes», a affirmé la porte-parole du département d'Etat, Marie Harf.

Trois chars russes auraient franchi la frontière, selon Kiev

Dans un texte alambiqué, elle a ajouté que son gouvernement disposait «d'informations selon lesquelles la Russie avait accumulé dans le sud-ouest de la Russie des chars dont le modèle n'est plus utilisé par les forces russes et (que) certains de ces chars avaient récemment quitté» la Russie.

L'Ukraine avait affirmé jeudi que trois chars russes avaient franchi la frontière. Le département d'Etat a donné écho à ces accusations, parlant de «vidéos sur Internet montrant ce même type de chars quittant le sud-ouest de la Russie vers plusieurs villes de l'est de l'Ukraine». «La Russie va rétorquer que ces chars ont été pris aux forces ukrainiennes, mais aucune unité de tanks ukrainiens n'opère dans cette zone. Nous sommes persuadés que ces chars viennent de Russie», accuse la porte-parole.

Elle a tenu le même raisonnement en ce qui concerne des «lance-roquettes accumulés dans le sud-ouest de la Russie» et passés dans l'est de l'Ukraine. Auparavant, lors de son point de presse, Marie Harf avait accusé Moscou de plusieurs incursions militaires dans l'est de l'Ukraine, menaçant la Russie de sanctions supplémentaires si la situation ne s'apaisait pas chez son voisin. «C'est inacceptable», a tonné la porte-parole.

«Un prix supplémentaire» à payer

Elle a rappelé que le président ukrainien Petro Porochenko s'en était plaint jeudi auprès du président russe Vladimir Poutine et que le secrétaire d'Etat John Kerry avait fait de même auprès de son homologue russe Sergueï Lavrov. Le département d'Etat a apporté son soutien au plan de paix présenté jeudi par le président ukrainien à son homologue russe.

«Des négociateurs ukrainiens et russes se retrouveront ce week-end à Kiev pour discuter de la mise en oeuvre du plan de paix», a dit Harf. «Nous appelons la Russie à en profiter pour faire montre de son engagement envers la paix et pour stopper le flux de combattants et d'armes qui franchissent la frontière», a-t-elle plaidé. Mais si «la Russie ne parvient pas à faire baisser la tension, il y aura un prix supplémentaire» à payer, a prévenu la responsable américaine.