Irak: Les djihadistes d'EIIL prêts à prendre Bagdad

CONFLIT Les Etats-Unis n'excluent pas des frappes aériennes pour enrayer l'offensive extrémiste…

20 Minutes avec AFP

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Une famille irakienne fuit les violences dans le nord de la province de Ninive.
Une famille irakienne fuit les violences dans le nord de la province de Ninive. — SAFIN HAMED / AFP
Les rebelles djihadistes sunnites ont pris mercredi une nouvelle ville en Irak et avançaient vers la capitale Bagdad, dont ils seraient à moins de 100 km ce jeudi matin. Cette avancée fulgurante des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), face à des forces gouvernementales en déroute et un pouvoir chiite impuissant, a poussé environ un demi-million d'habitants à fuir.

L’EIIL appelle à marcher sur Bagdad

Le porte-parole de l'EIIL, Abou Mohammed al-Adnani, a exhorté les insurgés à «marcher sur Bagdad» et a critiqué le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki pour son «incompétence», dans un enregistrement sonore daté de mercredi et traduit par le réseau américain de surveillance des sites islamistes SITE.

Depuis mardi, ces combattants islamistes -exclus du réseau Al-Qaïda car jugés comme trop radicaux- se sont emparés, dans le nord du pays, de la deuxième ville d'Irak, Mossoul, de sa province, Ninive, et de secteurs dans deux provinces proches, Kirkouk et Salaheddine, majoritairement sunnites. Mercredi, ils ont pris Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad, et avançaient vers la capitale. Ils ont également tenté, en vain, de prendre Samarra, à une centaine de km de Bagdad, selon des témoins.

L'EIIL a en outre pris en otages 49 Turcs au consulat de Turquie à Mossoul, parmi lesquels le consul et des membres des forces spéciales, de même que 31 chauffeurs de poids-lourds turcs dans cette province.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit ce jeudi

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira à huis-clos à partir de 11h30 (15h30 GMT) pour discuter de la situation en Irak. L'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Nickolay Mladenov, y interviendra par vidéo-conférence. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel à la solidarité internationale avec l'Irak et réclame la libération immédiate et sans conditions de la cinquantaine de citoyens turcs pris en otage au consulat de Mossoul.

L'Iran chiite mais aussi les Etats-Unis ont apporté leur soutien au gouvernement de Nouri al-Maliki face au «terrorisme». «Les Etats-Unis soutiendront les dirigeants irakiens alors qu'ils forgent l'unité nationale nécessaire pour remporter le combat contre l'EIIL», a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney dans un communiqué. L'Irak a de son côté officieusement indiqué aux Etats-Unis qu'il était ouvert à l'idée de frappes aériennes américaines afin d'enrayer l'offensive djihadiste, a affirmé mercredi un responsable américain, confirmant une information du Wall Street Journal.

Washington se tient prêt mais exclut l’envoi de troupes

L'administration du président Obama envisage plusieurs options pour aider Bagdad, éventuellement par le biais de frappes effectuées par des drones, selon ce responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat. La diplomatie américaine s'est défendue d'avoir été prise par surprise, affirmant avoir exprimé depuis des mois ses «inquiétudes» à propos de la «menace terroriste» que pose l'EIIL pour toute la région.

En conséquence, Washington «se tient prêt» à venir en aide à Bagdad face à «l'agression» de l'EIIL, a déclaré la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, annonçant «une augmentation de l'assistance» américaine.

Mais en aucun cas les Etats-Unis «n'envisagent» de renvoyer des troupes au sol en Irak, selon Jennifer Psaki, la porte-parole du département d'Etat. Le dernier soldat américain avait quitté le territoire irakien le 31 décembre 2011, au terme d'un très lourd engagement militaire des Etats-Unis pendant huit ans.