Nigeria: Cinq morts dans de nouvelles attaques de Boko Haram

BOKO HARAM La secte islamiste multiplie les attaques dans l’Etat de Bornoi où 200 lycéennes ont déjà été enlevées il y a près de deux mois…

20 Minutes avec AFP

— 

Ces lycéennes, photographiées le 2 juin à Maiduguri, ont réussi à fuir Boko Haram. Depuis, la secte a encore lancé plusieurs attaques.
Ces lycéennes, photographiées le 2 juin à Maiduguri, ont réussi à fuir Boko Haram. Depuis, la secte a encore lancé plusieurs attaques. — STR / AFP

De nouvelles attaques du groupe islamiste Boko Haram ont fait cinq morts dans deux villages proches de la ville du nord-est du Nigeria où plus de 200 lycéennes ont été enlevées il y a près de deux mois, ont rapporté des habitants mercredi.

Cinq victimes civiles

Des hommes armés, vêtus d’uniformes militaires, ont attaqué lundi soir les villages de Tohya et Wurojene, à environ 13 kilomètres de la ville de Chibok, dans l’Etat de Borno, où ils ont tiré sur les civils, mis le feu à des maisons et pillé des magasins.

«Les assaillants font partie de Boko Haram et ils sont arrivés vers 19h», déclare Zamani Emma, un des chefs locaux de Tohya. Ils ont ouvert le feu dans les deux villages et ils ont jeté des cocktails molotov sur les maisons, ce qui nous a poussés à fuir dans la brousse.»

«Quand nous sommes revenus le matin suivant, nous avons retrouvé cinq corps et nous avons découvert nombre de nos maisons brûlées et toutes nos réserves de nourriture ont été emportées», poursuit-il.

Mansur Ahmed, un habitant de Wurojene, a livré un récit similaire. Selon lui, les assaillants venaient de la forêt de Sambisa, où l’armée nigériane concentre ses recherches des 219 lycéennes de Chibok enlevées le 14 avril et toujours portées disparues. C’est aussi dans cette région qu’une vingtaine de femmes ont été enlevées le week-end dernier par des militants armés de Boko Haram, dans une communauté peule, dans le village de Garkin.

Deux villages aux mains des islamistes

Les islamistes ont également pris le contrôle des villages de Biita et Izghe, toujours dans la même région, lundi, dans une attaque de représailles contre l’armée, a déclaré un habitant d’une localité voisine.

L’armée nigériane avait annoncé lundi avoir tué environ 50 insurgés à Biita et avoir retrouvé des armes et des munitions pendant le week-end. Mais «les militants de Boko Haram ont battu les soldats et pris le contrôle de Biita et Izghe» et «les soldats ont pris la fuite», déclare Peter Makama, un habitant de Madagali, dans l’Etat voisin d’Adamawa. Selon une source militaire à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, les soldats n’ont pas été battus mais ils ont opéré un retrait stratégique quand ils se sont retrouvés face à «plus de 400 terroristes de Boko Haram». «Nous allons trouver une nouvelle stratégie pour reprendre ces deux villages occupés par les terroristes», promet cette même source.