Une vingtaine de jeunes femmes enlevées dans le nord-est du Nigeria

NIGERIA L’enlèvement a eu lieu samedi, à quelques kilomètres du village où 200 lycéennes avaient été enlevées à la mi-avril par Boko Haram... 

Fabrice Pouliquen

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Capture d'écran à partir d'une vidéo datant du 12 mai 2014, d'un homme se déclarant le responsable du groupe islamiste Boko Haram
Capture d'écran à partir d'une vidéo datant du 12 mai 2014, d'un homme se déclarant le responsable du groupe islamiste Boko Haram — BOKO HARAM

Au moins vingt jeunes femmes ont été enlevées dans le nord-est du Nigeria par des membres présumés du groupe islamiste armé Boko Haram, ont indiqué ce mardi matin plusieurs habitants de la région.

Même procédé que pour les 200 lycéennes enlevées mi-avril

Ce nouvel enlèvement s’est produit samedi dans une communauté peule, dans le village de Garkin et ses alentours, à 8 km de Chibok, dans l’Etat de Borno, où 200 lycéennes avaient été enlevées à la mi-avril par Boko Haram.

«Selon les informations disponibles, des hommes armées sont arrivés un peu avant midi et se sont emparés de 20 femmes et trois jeunes hommes qui surveillaient le village, a indiqué Alhaji Tar, membre d’une milice d’auto-défense locale. Tous les hommes étaient partis dans les champs pour faire paître leurs troupeaux quand les ravisseurs sont arrivés.»

Mais les informations varient sur le nombre de femmes enlevées dans ce campement de nomades peuls, une ethnie majoritairement musulmane. Un responsable local de l’Association d’éleveurs (peuls) de troupeaux Miyetti Allah du Nigeria (Macban) parle, lui, de 40 femmes capturées. Pour l’instant, aucun contact n’a été établi avec les ravisseurs.

Les habitants craignent des représailles

Des enlèvements similaires pour des rançons ont déjà eu lieu dans cette région mais les habitants ont trop peur d’en parler par crainte de représailles des groupes islamistes, selon le responsable. Ces femmes sont «relâchées uniquement quand nous payons la rançon en bétail aux ravisseurs, explique-t-il. Ils arrivent et font du porte-à-porte, faisant sortir les femmes et sélectionnant des femmes jeunes puis ils les emmènent dans leurs véhicules et réclament entre 30 et 40 vaches pour leur libération.»

Un responsable du gouvernement de l’Etat de Borno a indiqué, sous le couvert de l’anonymat, que les autorités étaient au courant de l’enlèvement de samedi, mais niaient avoir connaissance de précédents enlèvements.

«C’est la première fois que nous entendons parler d’enlèvement de femmes peules et nous cherchons à établir les circonstances de cet enlèvement et décider des actions à entreprendre», a-t-il déclaré.