Vladimir Poutine: «Les Américains mentent» sur la présence de soldats russes en Ukraine

RUSSIE C’est ce qu’affirme le président russe dans une interview diffusée ce mercredi…

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-Pierre Elkabbach va interviewer Vladimir Poutine.
Jean-Pierre Elkabbach va interviewer Vladimir Poutine. — Auteur / Source / Crédit MIKHAIL KLIMENTYEV / RIA-NOVOSTI / AFP

Leçon de diplomatie de la part du président russe Vladimir Poutine. Dans une interview diffusée ce mercredi soir sur TF1 et Europe 1, Vladimir Poutine est revenu sur la crise en Ukraine. Il s’est dit prêt à parler au président ukrainien Petro Porochenko pour résoudre ce conflit qui ne dit pas son nom.

Très critique vis-à-vis des Etats-Unis, Vladimir Poutine a affirmé que «les Américains mentent» à propos de la présence de soldats russes sur le sol ukrainien. «Aucune force militaire, aucun instructeur russe n’est présent dans le sud-est de l’Ukraine», a ainsi affirmé le président russe.

Sur la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, qui manquerait de «subtilité», Vladimir Poutine s’est fendu de plusieurs déclarations misogynes, estimant qu’«il est préférable de ne pas débattre avec les femmes» et que «pour une femme, la faiblesse n’est pas tellement un défaut».

«J’espère que ce n’est pas une nouvelle étape de la guerre froide»

Vladimir Poutine a ensuite estimé que le gouvernement ukrainien devait «organiser un dialogue avec sa population. Cela ne doit pas se faire par les chars et les avions, mais par la négociation», ajoutant que «les gens, quel que soit l’endroit où ils habitent, ils ont des droits et doivent être protégés».

A la question de savoir si la Russie a tenté d’annexer l’Ukraine, le président russe a répondu que «Non. On ne l’a jamais fait. Et on ne le fait pas.» Il a par ailleurs indiqué à propos de ce conflit à la frontière ukraino-russe: «J’espère que ce n’est pas une nouvelle étape de la guerre froide». Vendredi, tant Vladimir Poutine que le président ukrainien participeront en Normandie aux cérémonies pour les 70 ans du Débarquement allié du 6 juin 1944.

Homosexualité et camps de travail

Interrogé sur le conflit en Syrie, dans lequel la Russie appuie le régime de Bachar al-Assad, Vladimir Poutine a déclaré que «la Syrie peut devenir un deuxième Afghanistan», estimant craindre «un démembrement» de ce pays. Il a ensuite mis en garde contre les terroristes islamistes présents actuellement dans ce pays, et qui pourraient agir dans des pays occidentaux.

A propos de la censure d’Internet en Russie, le chef d’Etat russe a réfuté toute «limitation d’Internet». Il a ensuite déclaré qu’en Russie, «il n’y a pas de loi interdisant l’homosexualité en Russie». Il a souligné néanmoins que son pays interdit «la promotion de l’homosexualité» vis-à-vis des mineurs afin de «les protéger».

>> La chasse aux homosexuels en Russie, à lire ici

Enfin, Vladimir Poutine a réfuté que les camps de travail russes, où ont notamment été internées des membres du groupe Pussy Riot, soient des prisons. «Ce sont des lieux privés de liberté mais ce ne sont pas des prisons», car l’on peut notamment y travailler.