Les cinq choses à savoir sur le sommet du G7

DIPLOMATIE Les sept plus grands pays industrialisés se retrouvent mercredi et jeudi à Bruxelles, sans la Russie...

Bertrand de Volontat

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De gauche à droite: le Premier ministre canadien Stephen Harper, le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron, le président américain Barack Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel au Sommet du G7 à La Haye, le 24 mars 2014
De gauche à droite: le Premier ministre canadien Stephen Harper, le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron, le président américain Barack Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel au Sommet du G7 à La Haye, le 24 mars 2014 — Jerry Lampen Pool

C’est une première en 17 ans. La Russie ne participera pas au sommet des plus grands pays industrialisés, traditionnel G8 devenu G7. Revue des cinq points à savoir sur ce G7 hors normes.

> Un premier G7 à Bruxelles. Le sommet, qui se déroule de ce mercredi soir à jeudi dans la journée, aura lieu dans la capitale belge et non pas à Sotchi, la station balnéaire russe sur la mer Noire, qui devait à l’origine accueillir la réunion des chefs d’Etats et de gouvernement quand elle était encore le G8 jusqu’en mars dernier. La ville qui a reçu les JO d’hiver cette année a finalement été boycottée par les chefs d’Etat et du gouvernement membres du sommet qui ont décidé le 24 mars dernier de ne pas convier Vladimir Poutine pour exprimer leur désaccord avec l’annexion de la Crimée et le rôle de la Russie joué dans la déstabilisation de l’Ukraine. Mais «les dirigeants mondiaux ont tous mis en avant le fait que l’exclusion de la Russie n’était pas définitive», glisse Martin Michelot, chercheur au German Marshall Fund à Paris.

> L’Ukraine, le sujet clé. Le G7 doit confirmer son intention de durcir les sanctions contre la Russie. Toutefois le sommet, qui s’inscrit dans une série de réunions, ne prendra pas de nouvelles sanctions. «Il est vraisemblable qu’aucune décision transformatrice sur l’Ukraine ne sortira. Il s’agira de trouver des compromis afin de pouvoir définir quelles seront les prochaines étapes», estime Martin Michelot Les leaders devraient aussi apporter leur soutien au nouveau président ukrainien, Petro Porochenko, élu le 25 mai et dont l’intronisation est prévue le 7 juin. «Sa légitimité se trouverait renforcée si la Russie exprime une volonté claire de travailler avec lui, ce qui n’a pour l’instant pas été le cas, explique le chercheur. Cela représentera un défi conséquent pour les leaders et ce sujet sera certainement sur la table des discussions.»

> Les sujets annexes à l’Ukraine. En coulisses, les deux bateaux militaires Mistral commandés par la Russie à la France en 2011 pour livraison en octobre et en 2015 «continuent à poser un problème concret», pour Dominique Colas, professeur à Sciences Po, alors que 400 marins russes doivent débarquer dans deux semaines à Saint-Nazaire pour se familiariser avec le bateau.. En revanche, la Crimée ne rentrera vraisemblablement pas en ligne de mire des discussions entre leaders. «La région a commencé son processus d’intégration à la Fédération russe», constate Martin Michelot.

> D’autres thèmes en question. «Les leaders mettront sur la table les questions épineuses de l’efficacité des sanctions envers la Russie mais aussi, de dépendance énergétique et économique de certains des pays, et de la présence accrue de troupes américaines ou de l’OTAN dans certains pays d’Europe Centrale», explique Martin Michelot. La coopération sur les questions d’optimisation fiscale sera aussi à l’ordre du jour, de même que les moyens de soutenir la reprise économique. Enfin, l’aide au développement et l’Afrique seront le thème abordé lors du déjeuner de clôture ce jeudi.

> Les commémorations du vendredi. Les rendez-vous diplomatiques s’enchaînent et ne se ressemblent pas cette semaine. Dès vendredi, les dirigeants occidentaux et… le président russe se rencontrent en Normandie pour célébrer le 70e anniversaire du débarquement. François Hollande, recevra ainsi à dîner Barack Obama, avant de rejoindre l’Elysée, où il rencontrera Vladimir Poutine. «Le président russe est satisfait car il évite l’affrontement à Bruxelles et participe aux photos du DDay, mettant entre parenthèses son action en Ukraine», analyse Dominique Colas.