Viols en Inde: Comment les toilettes sont devenues un enjeu de sécurité majeur

SANTE Deux adolescentes de 12 et 14 ans ont été violées et tuées alors qu'elles se rendaient dans un champs pour faire leurs besoins…

R.L.
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Un enfant entre dans une latrine, le 22 octobre 2010 à Bombay, en Inde
Un enfant entre dans une latrine, le 22 octobre 2010 à Bombay, en Inde — SIPA PRESS

Les deux adolescentes de 12 et 14 ans, qui ne peuvent être nommées selon la loi indienne, ont été violées et tuées alors qu’elles se rendaient dans un champ pour faire leurs besoins car leur maison et leur village ne possèdent pas de latrines. Comme dans d’autres zones du pays, cette situation engendre de nombreux risques.

Près de 594 millions d’Indiens privés de toilettes

L’Unicef estime que près de 594 millions d’Indiens -soit presque la moitié de la population- doivent aller se soulager dans la nature. De plus, pour préserver leur intimité, beaucoup de femmes attendent la nuit tombée, au risque de faire de mauvaises rencontres, dans l’obscurité. «C’est le moment où une femme se sent le plus vulnérable et penser que des femmes doivent prendre de tels risques juste pour aller aux toilettes est choquant», déclare à l’AFP Carolyne Wheeler, qui travaille pour l’ONG WaterAid.

Une proche des victimes dit vouloir que les coupables soient jugés et condamnés. Et elle veut aussi la construction de sanitaires dans le village. «Je n’ai pas peur en général de la campagne, de la forêt, des serpents ou des animaux sauvages. Mais je me sens nerveuse lorsque je vais aux champs pour me soulager», a-t-elle déclaré à l’AFP. «Je veux que le gouvernement nous construise des toilettes dans le village, je veux au moins ça». Car malgré les promesses de la classe politique, les avancés sont encore minimes pour ce problème majeur à l’échelle international.

Maladie, honte, harcèlement et agression

En effet, l’absence d’installations d’assainissement oblige encore aujourd’hui 1,1 milliard de personnes, soit 15% de la population mondiale, à déféquer dans la nature, a reconnu l’année dernière l’ONU. L’Inde reste toutefois le pays où cette pratique est la plus répandue. L’Afrique est aussi particulièrement touchée. Selon un sondage publié par WaterAid, à l’occasion de la journée mondiale des latrines, 70 % des femmes africaines n’ont pas de toilettes salubres et sont donc exposées à des risques accrus de maladie, de honte, de harcèlement et d’agression.

Barbara Frost, directrice générale de l’ONG, rappelle ainsi dans un communiqué l’utilité de cette journée: «Pendant cette Journée Mondiale des Latrines, WaterAid répond à l’appel de centaines d’organisations dans le monde entier pour demander aux gouvernements de tenir leurs promesses et de permettre aux populations les plus défavorisées du monde d’accéder à l’assainissement et à l’eau potable».