Viol d'adolescentes en Inde: La police use de canons à eau contre des manifestants

MONDE Deux cousines ont été retrouvées pendues à un manguier dans un village pauvre de l'Uttar Pradesh...

20 Minutes avec AFP
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La cérémonie de crémation de l'étudiante victime d'un viol collectif mi-décembre en Inde, emblématique des violences faites aux femmes en toute impunité dans ce pays, s'est tenue dimanche à New Delhi où l'on a appris que la victime devait se marier prochainement.
La cérémonie de crémation de l'étudiante victime d'un viol collectif mi-décembre en Inde, emblématique des violences faites aux femmes en toute impunité dans ce pays, s'est tenue dimanche à New Delhi où l'on a appris que la victime devait se marier prochainement. —

La police a utilisé lundi des canons à eau dans le nord de l'Inde contre des manifestants venus dénoncer les violences faites aux femmes après le récent viol en réunion et le meurtre de deux adolescentes, selon des images de la télévision.

Plusieurs centaines de manifestants, essentiellement des femmes, s'étaient rassemblées pour demander la fin des violences contre les femmes devant le siège du gouvernement de l'Uttar Pradesh, à Lucknow, Etat du nord de l'Inde où les deux filles de 12 et 14 ans ont été violées et tuées.

«Nous n'irons pas dormir, nous allons rester, nous devons arrêter cela», déclare à la chaîne NDTV un manifestant, en référence aux violences faites aux femmes.

«Nous allons rester ici, nous n'allons pas abandonner, même si l'eau manque», ajoute un autre manifestant.

Elles se rendaient aux toilettes

Les deux cousines ont été retrouvées mercredi pendues à un manguier dans un village pauvre de l'Uttar Pradesh, dans le district de Badaun, et les analyses médicales ont prouvé qu'elles avaient subi de multiples violences sexuelles.

La colère s'est amplifiée après que les pères des deux filles ont déclaré que la police locale avait refusé d'aider à trouver les coupables en raison de l'appartenance des victimes à une basse caste.

Les deux adolescentes ont été agressées alors qu'elles se rendaient dans un champs pour aller aux toilettes, dans l'obscurité, car leur logement ne possède pas de latrines. La police a indiqué qu'elles avaient été violées, puis pendues par leurs agresseurs.

Cinq hommes arrêtés

Le calvaire des deux jeunes filles a fait les gros titres de la presse indienne et internationale, un an et demi après le viol en réunion d'une étudiante de la classe moyenne à Delhi, qui avait succombé à ses blessures.

Pour les défenseurs des droits des femmes, ce dernier épisode de violence prouve que les autorités de l'Etat de l'Uttar Pradesh n'agissent pas sérieusement contre les crimes sexuels. Cinq hommes ont été arrêtés dans cette affaire et une enquête de la police fédérale a été ordonnée.

Interrogé par une journaliste la semaine passée sur le nombre de viols dans l'Uttar Pradesh, le chef de l'exécutif de l'Etat Akhilesh Yadav a répondu: «Vous n'avez pas été violée n'est-ce pas? C'est exact? Très bien. Merci».

Le chef du parti au pouvoir dans cet Etat, Mulayam Singh Yadav, qui est le père du chef de l'exécutif, avait déclenché une polémique pendant la campagne pour les législatives en se déclarant hostile à la condamnation à mort pour viol car «les hommes sont les hommes».