Grande-Bretagne: Cameron a menacé de sortie de l'UE si Juncker présidait la Commission

EUROPE Selon «Der Spiegel», l'arrivée du Luxembourgeois à la tête de la Commission européenne provoquerait l'organisation en Grande-Bretagne d'un référendum sur la sortie de l'Union...

N. Bg. avec AFP

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David Cameron à Bruxelles le 27 mai 2014.
David Cameron à Bruxelles le 27 mai 2014. — Eric Vidal/AP/SIPA

S'il reste, je pars. Le Premier ministre britannique David Cameron a menacé ses partenaires européens d'une sortie de son pays de l'UE si le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker devenait président de la Commission européenne, rapporte dans sa dernière édition l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

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Citant «des sources proches des participants» au sommet qui a réuni mardi dernier à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement européens, le magazine rapporte que Cameron aurait déclaré, entre autres à la chancelière allemande Angela Merkel, que le choix de Juncker «déstabiliserait à ce point son gouvernement qu'un référendum sur la sortie de l'UE devrait être avancé» et se solderait très certainement par un refus de rester dans l'Union.

Ni confirmation, ni démenti

Interrogé à Londres, un porte-parole de Downing Street n'a pas commenté cette information, ni la position du gouvernement britannique à l'égard de Jean-Claude Juncker. «Nous ne faisons pas de commentaire sur les candidats potentiels à ce stade, c'est trop tôt», a-t-il dit à l'AFP.

«Une figure des années 80 ne peut pas résoudre les problèmes des cinq prochaines années», aurait pourtant déclaré David Cameron à Bruxelles à propos de Juncker, selon Der Spiegel, qui a diffusé dès samedi des extraits de son article.

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Les conservateurs constituent la première force du Parlement européen après les élections européennes de dimanche dernier, et Jean-Claude Juncker était leur candidat désigné. Mais Londres lui est hostile et d'autres capitales, comme La Haye, Stockholm ou encore Helsinki, sont également réticentes. Après quelques jours de flou, Angela Merkel a apporté vendredi son soutien à l'ancien président de l'Eurogroupe.