Démission d'une militante cambodgienne contre la traite des femmes controversée

MONDE Elle est soupçonné d'avoir menti sur son parcours....

20 Minutes avec AFP
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Somaly Mam lors de la présentation de son autobiographie en mars 2006 à Berlin.
Somaly Mam lors de la présentation de son autobiographie en mars 2006 à Berlin. — SIPA

La Cambodgienne Somaly Mam, l'un des visages les plus connus de la lutte internationale contre l'esclavage sexuel, a démissionné de sa fondation après la remise en cause de sa version de certains éléments de sa biographie.

Sa décision de démissionner, soutenue par de nombreuses célébrités, fait suite à une enquête du cabinet d'avocats Goodwin Procter sur son histoire personnelle, selon un communiqué publié tard mercredi par la fondation qui porte son nom, qui n'a pas précisé ce que cette enquête avait révélé.

«Même si nous sommes très attristés par cette nouvelle, nous restons reconnaissants du travail de Somaly de ces deux dernières décennies, de son aide à construire une fondation qui a aidé plusieurs milliers de femmes et de filles, et pour avoir attiré l'attention sur les 21 millions d'individus actuellement réduits en esclavage», a indiqué la Fondation.

Des incohérences dans son histoire

Somaly Mam a raconté avoir été vendue par un grand-père ou un oncle alors qu'elle avait un peu plus de dix ans, puis avoir été violée de façon répétée, jusqu'au jour où elle a réussi à s'enfuir du bordel après avoir vu une amie se faire tuer sous ses yeux.

Mais le quotidien cambodgien Cambodia Daily et le magazine Newsweek ont pointé du doigt des incohérences dans son histoire. Dans un article titré Somaly Mam: la Sainte (et pécheresse) du trafic sexuel, Newsweek a indiqué que ses entretiens avec des amis d'enfance, des professeurs et des responsables locaux contredisaient certaines parties importantes de son autobiographie.

La Fondation a également indiqué avoir coupé tout lien avec une autre victime supposée, Long Pros, dont la famille a assuré à Newsweek qu'elle n'avait jamais été victime de trafic sexuel. Elle avait raconté avoir été réduite en esclavage sexuel, torturée avec des câbles électriques, et qu'un proxénète en colère lui avait arraché un oeil. Une autre fille aurait confessé que son histoire était fabriquée et soigneusement répétée pour les caméras sur instructions de Somaly Mam.