Européennes: Après le vote, la difficile élection du président de la Commission

DÉCRYPTAGE Le candidat du parti populaire européen, Jean-Claude Juncker, a revendiqué la victoire après le scrutin de dimanche, et donc la présidence de l’exécutif européen. Mais la tâche s’avère plus compliquée…

Bérénice Dubuc

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Jean-Claude Juncker, candidat à la présidence de la commission européenne, qui se rend lundi à Athènes avant les élections européennes de dimanche, était à Maia au Portugal le 17 mai 2014
Jean-Claude Juncker, candidat à la présidence de la commission européenne, qui se rend lundi à Athènes avant les élections européennes de dimanche, était à Maia au Portugal le 17 mai 2014 — Francisco Leong AFP

A peine remise de la claque de la percée des partis eurosceptiques et europhobes lors du scrutin de dimanche, l’Europe se prépare déjà à la bataille pour la présidence de la Commission européenne.

En effet, pour la première fois cette année, c’est l’élection des députés qui détermine qui présidera l’exécutif bruxellois: le Conseil européen (les chefs d’Etat et de gouvernement), qui propose un candidat à la présidence de la Commission, doit en effet le faire «en tenant compte du résultat des élections européennes», comme l’exige le Traité de Lisbonne.

L’ancien Président de l’Eurogroupe et candidat du parti populaire européen (PPE), le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a d’ores et déjà «revendiqué» au nom de son parti la présidence de l’exécutif européen. Dimanche soir, à peine les premiers résultats connus, il l’a annoncé via son compte Twitter.

 

Cependant, aucun parti ne dispose, à l’issue du scrutin de dimanche, de la majorité -le PPE remporterait 213 sièges, le PSE 190, les Libéraux 64, et les Verts 53. Les candidats des deux premiers partis vont donc devoir en trouver une. Le candidat du Parti Socialiste européen (PSE) à la présidence de la Commission, l’Allemand Martin Schulz, va certainement essayer d’obtenir des voix du côté de la Gauche unifiée, tandis que Jean-Claude Juncker a déjà annoncé qu’il ne voulait pas être élu avec des voix de l’extrême droite. Mais la seule majorité possible paraît résider dans une grande coalition entre conservateurs et socialistes, avec l’appoint éventuel des libéraux.

Un candidat de consensus?

En l’absence d’une majorité nette, le Conseil européen pourrait décider de proposer un candidat indépendamment du résultat des élections, comme il en a la possibilité juridique. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent se réunir mardi soir à Bruxelles pour discuter d’un candidat alternatif au poste de Président de l’exécutif bruxellois. Des noms circulent déjà, comme celui de la directrice du FMI, Christine Lagarde ou de la Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt.

«Ni les socialistes, ni les conservateurs ne réunissent suffisamment de voix par eux-mêmes pour former une majorité. Il faut donc des discussions sur les personnes mais aussi sur le contenu» des politiques à mener, n’a pas manqué de souligner la chancelière allemande Angela Merkel, hostile, tout comme d’autres dirigeants européens, à ce qu’il y ait un «lien automatique» entre le parti qui remporte les élections européennes et le président de la Commission européenne, faisant perdre au passage aux Etats l’une de leurs prérogatives.

Cependant ce candidat alternatif devra être acceptable par les eurodéputés, puisque c’est eux qui devront ensuite l’approuver à la majorité, ou opposer leur veto. Dans ce cas, le Conseil européen devra proposer un nouveau candidat dans un délai d’un mois.

Les dates-clé à retenir

27 mai: Réunion à Bruxelles autour du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, des chefs d'Etat et de gouvernement pour un tour d'horizon consacré notamment à une analyse du scrutin de dimanche.

31 octobre: Expiration du mandat de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission.