VIDEO. Européennes/Grande-Bretagne: Victoire historique pour l'Ukip europhobe

EUROPEENNES 2014 Le parti mené par Nigel Farage a remporté une victoire historique aux Européennes avec un score de 29% et un nombre de députés supérieur à ceux des trois partis classiques...

M.C. avec AFP

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Nigel Farage célèbre la victoire de son parti britannique europhobe, l'Ukip, après l'annonce des résultats dans la nuit de dimanche à lundi 26 mai 2014.
Nigel Farage célèbre la victoire de son parti britannique europhobe, l'Ukip, après l'annonce des résultats dans la nuit de dimanche à lundi 26 mai 2014. — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Une pinte à la main, Nigel Farage avait maintes fois promis un «séisme politique» pendant la campagne des Européennes. Dimanche, les urnes britanniques ont bien tremblé: l'Ukip (pour «Uk Independence Party»,  (Ukip, parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, son parti europhobe, a remporté une victoire historique aux Européennes avec un score de 27,5% et un nombre de députés supérieur à ceux des trois partis classiques secoués par le «séisme», après dépouillement des trois quarts des régions britanniques.

A l'annonce de sa propre réélection dans la région sud-est de l'Angleterre, peu avant 1h lundi (2h, heure française), le patron de la formation populiste a réitéré sa déclaration de guerre à l'immigration, sa bête noire, et à l'Union européenne dont il veut claquer la porte. «Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous», a-t-il déclaré triomphalement, à un an des élections législatives. «L'armée populaire de l'Ukip a parlé ce soir, et a délivré le résultat le plus extraordinaire en 100 ans de vie politique britannique», s'est vanté le dirigeant de 50 ans. Depuis 1910, aucun autre parti que ceux des conservateurs et des travaillistes n'avait remporté un scrutin national.

Dans la nuit, les résultats dans 10 des 12 régions électorales que compte le Royaume-Uni accordaient 23 sièges à l'Ukip, soit 14 de plus que dans le parlement sortant. Le Labour d'opposition arrivait ensuite avec 25,4% et 18 eurodéputés. Les conservateurs au pouvoir, vainqueurs des précédentes Européennes, étaient relégués en troisième position à 23,9% des suffrages et 18 eurodéputés.

Pour les libéraux-démocrates europhiles, membres du gouvernement de coalition, le scrutin s'apparente carrément à une débâcle. Ils enregistraient un score misérable de 6,9% et ne conservaient plus qu'un siège de député, après en avoir perdu 9. De quoi incommoder encore plus le vice-Premier ministre Nick Clegg, déjà confronté à des appels à la démission de la tête de ce parti.

L'Ukip oblige les autres partis à radicaliser leurs positions sur l'Europe

L'Ukip, qui a progressé sur l'ensemble du territoire, apparaît désormais comme un quatrième acteur de poids dans le paysage politique britannique et oblige les autres partis à clarifier sinon radicaliser leurs positions sur l'Europe, dans un pays traditionnellement eurosceptique.

Plusieurs médias conservateurs ont avancé ce week-end que le gouvernement s'apprêtait à introduire très prochainement une législation renforcée contre l'immigration. Si l'Ukip n'a pour l'instant aucun député à Westminster, il espère en décrocher plusieurs aux législatives de mai prochain. Sinon avant, à l'occasion d'une partielle convoquée à Newark (centre de l'Angleterre) en juin.

«Je veux que l'Europe abandonne l'Union européenne»

Au parlement européen, il a jusqu'ici refusé toute alliance formelle avec le Front national, qui est arrivé en tête en France, avec 25,4% selon des résultats quasi définitifs. «Nous allons avoir un bon nombre d'eurosceptiques élus au Parlement européen», s'est cependant félicité Farage, qui rêve d'une minorité de blocage des anti-UE. «Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne, je veux que l'Europe abandonne l'Union européenne», a-t-il lancé dimanche soir.

Le ministre conservateur des Affaires étrangères William Hague, tout en se disant «inquiet» de la montée des partis d'extrême droite en Europe, a estimé que Bruxelles devait entendre le «mécontentement croissant» des électeurs en opérant des réformes.