Centrafrique: Des ex-Séléka ouvrent le feu sur des soldats français

MONDE Aucun soldat français n'a été tué ou blessé...

avec AFP

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Les troupes françaises en Centrafrique, illustration.
Les troupes françaises en Centrafrique, illustration. — JEAN-PIERRE CAMPAGNE / AFP

Un accrochage a opposé samedi à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, des «éléments incontrôlés» de l’ex-rébellion Séléka à des forces françaises, a indiqué à Paris un porte-parole de l’état-major de l’armée.

Une vingtaine d’ex-Séléka, à bord de trois pick-up, ont ouvert le feu sur des soldats français qui, après des tirs de semonce, ont riposté et détruit l’un des trois véhicules, selon le colonel Gilles Jaron. Le bilan concernant d’éventuelles victimes du côté des ex-Séléka n’est pas encore connu et aucun soldat français n’a été tué ou blessé, a-t-il précisé.

Des tirs d’ex-Séleka

De son côté, un officier de la force de l’Union africaine en Centrafrique (Misca) a expliqué que les soldats français «ont riposté durement à des tirs» d’ex-rebelles.

«Samedi matin, une position des soldats français a fait l’objet de tirs des ex-Séléka en convoi», a indiqué sous couvert d’anonymat cet officier, après avoir été en contact avec le contingent de la force africaine stationné à Bambari (250 km au nord-est de Bangui).

«Les soldats français ont riposté durement à ces tirs et un véhicule des ex-Séléka a été atteint et détruit. Des détonations fortes ont été entendues à cette occasion, faisant fuir des habitants vers l’évêché. Il y a eu des victimes côté ex-Séléka mais il n’y a pas encore un bilan précis», selon la même source.

Selon l’état-major français, après la destruction du pick-up, les tirs ont cessé mais les deux autres pick-up ont tenté de contourner les forces françaises. Les assaillants avaient traversé la ville avant d’attaquer à l’ouest de celle-ci la position française, ouvrant le feu immédiatement sur elle, selon le porte-parole.

Tentative des militaires français de faire baisser la tension

Les militaires français ont pris contact avec leurs interlocuteurs habituels chez les ex-Séléka pour faire baisser la tension, a également déclaré le porte-parole de l’état-major.

Mi-mai, plusieurs cadres du mouvement avaient affirmé vouloir restructurer la Séléka, à l’issue d’une rencontre à Ndélé (nord), et ont installé leur quartier général à Bambari, région où sont également signalés des mouvements de miliciens chrétiens anti-balaka, hostiles aux combattants Séléka à dominante musulmane.

Les assaillants semblent être des éléments échappant au contrôle de ces cadres, a affirmé le colonel Jaron.

La Séléka avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, puis été mise en déroute début 2014 après la démission forcée de son chef Michel Djotodia de la présidence de la République. Désormais, les combattants du mouvement, sans réelle ligne de commandement, écument la province, se rendant coupables de nombreuses exactions.