L'Eglise dans l'arène politique pour faire barrage au concubinage

FAMILLE l'Eglise catholique fait barrage à la reconnaissance des couples homosexuels et hétérosexuels, considérée comme une menace contre le mariage...

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De l'Europe à l'Asie en passant par le Moyen-Orient et Bethléem, des appels à la paix mais aussi au respect de la dignité des enfants ont été lancés à l'occasion du Noël chrétien et des messages traditionnels adressés par des chefs d'Etat à leurs concitoyens.
De l'Europe à l'Asie en passant par le Moyen-Orient et Bethléem, des appels à la paix mais aussi au respect de la dignité des enfants ont été lancés à l'occasion du Noël chrétien et des messages traditionnels adressés par des chefs d'Etat à leurs concitoyens. — Patrick Hertoz AFP

Trente ans après les combats perdus du divorce et de l'avortement en Italie, l'Eglise catholique redescend dans l'arène politique pour sauver sa vision de la famille. Son nouvel ennemi ? La reconnaissance des couples homosexuels et hétérosexuels, considérée par l’Eglise comme une menace contre le mariage. Pour s’assurer la fin du «relativisme des valeurs», selon Benoît XVI, elle a fait pression sur le gouvernement pour qu’il propose un projet de loi édulcoré.


Le texte, adopté jeudi soir en conseil des ministres après de laborieuses négociations entre courants laïques et catholiques de la majorité de centre gauche, est plus timide que ceux déjà en vigueur dans une vingtaine de pays qui n'ont pas «le pape à la maison».
Vendredi, le pape a en effet exprimé son «inquiétude» devant la multiplication des lois touchant à «l'identité de la famille» et au mariage devant l'ambassadeur de Colombie, un pays également concerné par le phénomène.
L'Osservatore Romano, le journal du Vatican, a estimé que le projet de loi «portait atteinte à la famille» et l'épiscopat italien a mis en garde contre «les lourdes conséquences juridiques et culturelles» qu'il ferait porter «sur l'avenir de la société».

Le projet de loi, qui sera encore amendé au Parlement, ouvre des droits aux couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels, mais les étend aux frères et soeurs et même aux oncles et neveux qui en feraient la demande, dans le souci d'éviter la dimension symbolique d'un «mariage bis» dénoncé par l'Eglise.
Car de Benoît XVI  au cardinal Camillo Ruini, président de la conférence épiscopale italienne, de l'Osservatore Romano au journal des évêques Avvenire, les interventions pour défendre le principe «non négociable» de la famille fondée sur le mariage ont été innombrables.

De l'avis de nombreux observateurs, politiques et journalistes, un pas a été franchi mardi avec un éditorial d'Avvenire en forme d'avertissement à la majorité de gauche, qui bénéficie du vote de nombreux catholiques. Intitulé «non possumus» (nous ne pouvons pas), une expression latine réservée aux grandes occasions et signifiant le refus de tout compromis
«Notre démocratie a besoin d'encouragements, pas de leçons», a rétorqué le chef du gouvernement Romano Prodi… un catholique pratiquant.