La Suède attaque la Commission européenne qu'elle juge soumise au lobby des chimistes

SANTE Les commissaires devaient définir en décembre les éléments antibactériens nocifs de la vie quotidienne mais leur travail n’a toujours pas été rendu...

20 Minutes avec AFP

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La commission européenne, à Bruxelles.
La commission européenne, à Bruxelles. — DOMINIQUE FAGET / AFP

La Suède a décidé de passer à l’attaque. Après avoir attendu presque cinq mois, elle a annoncé ce jeudi qu'elle poursuivrait la Commission européenne pour son retard dans l'identification des éléments chimiques antibactériens nocifs de la vie quotidienne. Un retard qui ne serait, d’après Stockholm, pas innocent: «Tout cela est dû au lobby européen des chimistes qui a exercé des pressions sur différents commissaires», a affirmé la ministre de l'Environnement, Lena Ek.

La Commission devait définir en décembre au plus tard des critères sur l'identification de différents éléments, présents dans des milliers de produits antibactériens, que l'on retrouve dans des vêtements, des chaussures ou encore des produits d'hygiène. Ces produits sont soupçonnés de perturber le système endocrinien et de provoquer cancers, malformations congénitales et retards de développement chez les enfants.

«La Commission nous empêche d'améliorer les choses»

Ils «sont en train de devenir un gros problème. Dans certains endroits en Suède on voit des poissons hermaphrodites. Il existe des études scientifiques concernant leur impact sur la fertilité des jeunes filles et garçons, et d'autres effets graves», a ajouté Ek. La Suède et le Danemark avaient déjà insisté auprès de Bruxelles pour hâter ce travail, en vain, tout comme des groupes de défense de l'environnement ou des consommateurs, ainsi que des scientifiques.

«Ce qui me met le plus en colère, c'est qu'en faisant cela ils font courir un risque aux gens et en particulier aux enfants [...] La Commission nous empêche d'améliorer les choses», a estimé la ministre. Joe Hennon, porte-parole du commissaire à l'Environnement Janez Potocnik, a répondu que les retards se justifiaient par «la complexité du problème, l'évolution de la science et les points de vue divergents entre scientifiques et entre parties prenantes».

«Nous prenons la question très au sérieux et faisons de notre mieux pour la régler», a-t-il insisté, rappelant les mesures de santé publique provisoires mises en place par l'UE.