Ukraine: Qui sont les principaux candidats à l’élection présidentielle?

ZOOM Une vingtaine de candidats est en lice pour l’élection prévue dimanche...

Bérénice Dubuc

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Les quatre principaux candidats à l'élection présidentielle en Ukraine du 25 mai, Mykhaïlo Dobkin, Ioulia Timochenko, Serhiy Tigipko et Petro Porochenko.
Les quatre principaux candidats à l'élection présidentielle en Ukraine du 25 mai, Mykhaïlo Dobkin, Ioulia Timochenko, Serhiy Tigipko et Petro Porochenko. — SIPA

Dimanche, les Ukrainiens sont appelés aux urnes pour remplacer le chef de l’Etat par intérim, Olexandre Tourtchinov, qui a pris le pouvoir après la chute, le 22 février, de Viktor Ianoukovitch, renversé par la contestation du Maïdan après trois mois de manifestations. Une élection présidentielle qui doit donner une légitimité aux nouvelles autorités de Kiev, et pour laquelle une vingtaine de candidats est en lice. Passage en revue des quatre principaux.

Le favori: le milliardaire Petro Porochenko

 

 

 

Celui qui a fait fortune avec les chocolats Roshen, et dont la fortune est estimée par le magazine Forbes à 1,6 milliard de dollars, est le grand favori de cette présidentielle. La dernière enquête en date, publiée mardi, le crédite de 53,2 % des suffrages. Agé de 48 ans, cet ancien ministre des Affaires étrangères sous la présidence de Viktor Iouchtchenko, et de l’Economie sous Viktor Ianoukovitch, compte en effet un allié de poids, le boxeur et leader de la contestation du Maïdan Vitali Klitschko. Poroshenko, qui s’est prononcé très tôt en faveur des contestataires proeuropéens, promet en outre depuis le début de sa campagne de redonner une «armée puissante» à l’Ukraine pour défendre «la souveraineté et l’intégrité de l’Etat», de rétablir rapidement l’ordre dans l’Est, et de faire revenir la Crimée dans le giron de Kiev. Il a en outre promis qu’il inclurait dans son équipe des représentants de l’est et du sud russophones de l’Ukraine.

L’égérie: l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko

 

 

 

 

A 53 ans, ce n’est pas la première campagne présidentielle de Ioulia Timochenko. L’égérie de la Révolution Orange de 2004 s’était en effet présentée en 2010, mais avait été battue d’une petite longueur par Viktor Ianoukovitch. Celle qui s’est elle-même présentée comme la «candidate de l’unité ukrainienne» a commencé sa carrière politique dans les années 90, et a été ministre de l’Energie de Leonid Koutchma de 1999 à 2001. Figure de proue de la contestation de 2004, Viktor Iouchtchenko la nomme premier ministre en janvier 2005, pour sept petits mois. Deux ans plus tard, son parti remporte les législatives, et elle reprend la tête du gouvernement jusqu’en 2010. Après son échec à la présidentielle, elle est condamnée à sept ans de prison pour «abus de pouvoir» lors de la conclusion de contrats gaziers avec la Russie. Elle est libérée en février dernier, et annonce en mars sa candidature. Cependant, étant déjà passée au pouvoir, elle représente pour beaucoup d’Ukrainiens les intrigues contre lesquelles ils se sont battus. Un sondage la crédite de 10 % des intentions de vote.

Le troisième homme: Serhiy Tigipko

 

 

 

 

Crédité de près de 9 % des intentions de votes, Serhyi Tihipko en est lui aussi à sa seconde campagne présidentielle. Et, s’il se présente en tant qu’indépendant, il connaît également bien les cercles du pouvoir ukrainien. A 54 ans, ce banquier et député a longtemps œuvré au côté de Leonid Koutchma, dont il a été ministre de l’Economie, et a été le directeur de campagne de Viktor Ianoukovitch en 2004. Sa base électorale se situe dans l’Est russophone, et il estime que les autorités intérimaires n’ont pas fait assez pour ces minorités

Le candidat du parti des Régions: Mykhaïlo Dobkin

 

 

 

C’est celui que le parti du président renversé, Viktor Ianoukovitch, a adoubé. Cet ancien gouverneur de la région russophone de Kharkiv, dans l’Est, n’est pourtant crédité que de 5 % d’intentions de vote. Cet homme d’affaires de 44 ans, proche du président déchu, figure parmi la trentaine d’Ukrainiens dont les avoirs ont été gelés en raison de son rôle dans la crise ukrainienne. Détracteur des autorités intérimaires, il milite pour l’établissement d’un gouvernement fédéral et pour accorder plus de pouvoir aux régions.