Lycéennes enlevées: La France pour un «échange de renseignements» avec le Nigeria et ses voisins

TERRORISME Le sommet de Paris pour la sécurité au Nigeria se tient ce samedi 17 mai en compagnie des chefs d’Etats africains concernés par la menace Boko Haram…

Romain Lescurieux
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Le président nigérian Goodluck Jonathan, le 7 mai 2014 à Abuja
Le président nigérian Goodluck Jonathan, le 7 mai 2014 à Abuja — Pius Utomi Ekpei AFP

La réponse ne s’est pas fait attendre. Après un appel du pied à la France du président du Nigeria, Goodluck Jonathan, François Hollande a confirmé il y a deux jours la tenue d’un sommet africain à Paris pour lutter contre le groupe islamiste Boko Haram qui a enlevé 223 lycéennes il y a un mois.

Ce sommet de Paris pour la sécurité au Nigeria se déroule donc ce samedi 17 mai, en présence des chefs d’Etat concernés par la menace terroriste, dont le Nigeria, le Cameroun, le Bénin, le Tchad et le Niger. L’Union européenne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis seront également représentés. Le but: coordonner les services de renseignements pour localiser les jeunes filles.

Collecte, échange de renseignements et «ouverture de canaux»

«Ce sommet devrait permettre une meilleure prise en charge de la situation grâce une concertation entre les pays voisins et les pays occidentaux», note une source proche du dossier. Qui explique: «Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France peuvent jouer un rôle si les Etats de la région acceptent de travailler avec des mécanismes communs en termes de renseignements».

Car pour le moment, il ne serait pas question d’une intervention. Seule la collecte et l’échange de renseignements entre les pays et l’«ouverture de canaux» de négociations sont préconisés, avec l’aide des experts déjà sur place. «Le but est aussi de montrer au Nigeria qu’il peut y avoir une alternative au tout militaire», ajoute la même source. Néanmoins, la possibilité de sanctions est envisageable.

«Pour le moment, le Nigeria a traité le sujet Boko Haram au niveau national sans faire appel aux instances internationales. L’Elysée veut les pousser à porter la question au conseil de sécurité de l’ONU», explique une autre source proche du dossier.

«Cette coopération régionale est nécessaire»

A plus long terme, l’ambition de ce sommet est aussi de «faire prendre conscience» aux pays voisins du risque Boko Haram dans la région. «Ce rendez-vous à Paris pourrait permettre d’envisager une meilleure surveillance aux frontières, pour le moment poreuses, pour éviter que cette secte trouve refuge dans les pays aux alentours ou pour s’approvisionner en armes», conclut cette même source.

Pour Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), en charge de l’Afrique, il est évident que ce sommet s’attardera sur la manière de localiser les jeunes filles mais aussi sur cette lutte contre la secte islamiste, de manière plus globale. «Pour bloquer l’extension de la menace Boko Haram vers d’autres pays, une coopération régionale est nécessaire», affirme-t-il.

Selon lui, les questions de négociations et d’une intervention pourraient aussi être soulevées. «Il se peut que des actions de services spéciaux, coordonnées entre les pays occidentaux et le Nigeria, soient vite mises en place», expose l’expert.