Eurosceptiques: «Il ne s’agit pas d’une formation unie qui fait face à un bloc europhile»

EUROPEENNES Magali Balent, chercheuse et directrice des projets à la Fondation Robert-Schuman - think tank dédié aux questions européennes – fait le point pour 20 Minutes sur les partis eurosceptiques…

Propos recueillis par Romain Lescurieux
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Marine Le Pen, la présidente du Front National français et Geert Wilders, dirigeant du Parti de la Liberté (PVV) néerlandais, en conférence de presse commune à La Haye le 13 novembre 2013
Marine Le Pen, la présidente du Front National français et Geert Wilders, dirigeant du Parti de la Liberté (PVV) néerlandais, en conférence de presse commune à La Haye le 13 novembre 2013 — Jan Hennop AFP

Ils rejettent l’Union européenne dans sa globalité ou dans la manière dont elle évolue, en surfant sur le thème de la crise économique et de l’antisystème. Mais les eurosceptiques n’en restent pas moins une grande famille éclatée, à plusieurs entrées et aux aspirations diverses.

Magali Balent, chercheuse et directrice des projets à la Fondation Robert-Schuman - think tank dédié aux questions européennes - et spécialiste des extrémismes et nationalismes en Europe à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), revient pour 20 Minutes sur l’euroscepticisme

Concrètement, que faut-il entendre par le terme eurosceptique?

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une formation unie qui fait face à un bloc europhile. En réalité, l’euroscepticisme regroupe différentes formations, dirigeants ou partis, qui peuvent se regrouper en deux branches: d’un côté les europhobes et de l’autre les eurosceptiques ou eurocritiques. Les premiers - très hétérogènes - qui regroupent aussi bien des partis d’extrême droite (Front national, Parti pour la Liberté au Pays-Bays, Jobbik en Hongrie, etc.) que d’extrême gauche (Front de Gauche, Siriza en Grèce, Die Linke en Allemange), rejettent en bloc l’Union européenne. Les seconds (le Parti conservateur de David Cameron, le Parti démocratique civique en République tchèque, les souverainistes en France) s’opposent, quant à eux, à la manière dont l’Europe se construit.

Quel est l’intérêt pour les candidats europhobes de se présenter aux élections européennes?

Pour eux, ces élections ne sont pas une fin en soi, mais plutôt un moyen. C’est une répétition générale avant des élections nationales. Ils testent leurs idées, leur popularité et font parler d’eux. Concrètement, ils renforcent leur légitimité. Ce qui est d’ailleurs sensiblement la même motivation pour les partis d’extrême gauche. De plus, ces élections européennes ont lieu à la représentation proportionnelle, ce qui favorise ces partis.

Quelle est la signification d’un vote europhobe ou eurosceptique?

En fait, il existe trois votes pour expliquer cette logique. Dans un premier temps, il y a le vote sanction vis-à-vis des hommes politiques et des dirigeants, qui résulte d’une montée de la défiance générale envers le personnel politique. Dans un second temps, il y a le vote de déception. L’Union européenne convainc de moins en moins, peut paraître comme inefficace et assortie d’une monnaie qui n’est pas à la hauteur. Le tout sur fond de crise. Enfin, il y a le vote sceptique qui regroupe les électeurs désirant une Europe qui change de direction, sur des thèmes comme l’élargissement ou encore l’espace Schengen.

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