Lycéennes enlevées: Boko Haram est «irrationnel» et «difficile» en négociation, dit l'archevêque de Cantorbéry

MONDE Le leader spirituel des 80 millions d'Anglicans a déjà négocié avec des groupes armés nigérians...

20 Minutes avec AFP
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Nommé vendredi archevêque de Cantorbéry, l'évêque de Durham, Justin Welby, est un ancien cadre de l'industrie pétrolière, impliqué dans les questions d'éthique financière et apôtre d'une ligne modérée sur les épineux sujets de société qui divisent l'Eglise anglicane.
Nommé vendredi archevêque de Cantorbéry, l'évêque de Durham, Justin Welby, est un ancien cadre de l'industrie pétrolière, impliqué dans les questions d'éthique financière et apôtre d'une ligne modérée sur les épineux sujets de société qui divisent l'Eglise anglicane. — Leon Neal afp.com

L'archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, qui a déjà négocié avec des groupes armés nigérians, a jugé dimanche «difficile» de discuter avec Boko Haram, une organisation islamiste armée «irrationnelle», appelant néanmoins à le faire pour libérer les lycéennes qu'elle a enlevées.

Le 14 avril, Boko Haram, dont le nom signifie «L'éducation occidentale est un péché», a attaqué un lycée de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, enlevant alors 276 adolescentes. Selon la police, 223 d'entre elles sont toujours entre les mains du groupe islamiste.

Difficile de négocier

Estimant que les lycéennes étaient confrontées à un risque «colossal», il a déclaré sur BBC Radio 4 qu'elles «étaient aux mains d'un groupe très disparate [...] avec qui il est difficile de négocier et qui s'est montré dans le passé totalement sans pitié».

«Il doit y avoir une négociation active, un contact actif à tous les niveaux» du groupuscule islamiste, a cependant estimé le leader spirituel des 80 millions d'Anglicans dans le monde.

La pauvreté, raison de l'enracinement de Boko Haram

«Ce qui se passe au coeur de Boko Haram est très discutable. C'a toujours été un mélange de groupes unis autant par un ennemi commun que par une cause commune», a-t-il dit.

«C'est infiniment plus compliqué que l'Irlande du Nord, par exemple, où il (le Royaume-Uni) nous a fallu beaucoup de temps pour élaborer une stratégie efficace», a ajouté l'archevêque qui a travaillé dans le delta du Niger à la réconciliation avec des groupes armées.

Interrogé sur les raisons de l'enracinement de Boko Haram dans la région, cet ancien cadre de l'industrie pétrolière a pointé du doigt «l'extrême pauvreté» et le «chômage très élevé des jeunes» qui les rendent enclins à devenir des «fantassins» de Boko Haram.