L'origine de la grippe aviaire en Grande-Bretagne demeure «un mystère»

AFP

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Les experts tentaient lundi de déterminer l'origine de la souche H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire trouvée dans un important élevage de l'est de l'Angleterre, qui a poussé d'autres pays européens et le Japon à prendre des mesures de protection.
Les experts tentaient lundi de déterminer l'origine de la souche H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire trouvée dans un important élevage de l'est de l'Angleterre, qui a poussé d'autres pays européens et le Japon à prendre des mesures de protection. — Paul Ellis AFP

Les experts tentaient lundi de déterminer l'origine de la souche H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire trouvée dans un important élevage de l'est de l'Angleterre, qui a poussé d'autres pays européens et le Japon à prendre des mesures de protection.

La source de l'infection demeure "un mystère" a déclaré lundi le secrétaire d'Etat à l'Environnement, Ben Bradshaw, précisant qu'une étude épidémiologique était en cours pour déterminer l'origine de la maladie.

Le laboratoire britannique de Weybridge, qui fait référence, a confirmé samedi la présence de cette souche de la grippe aviaire dans un élevage de 159.000 dindes, situé à Holton dans le Suffolk (est de l'Angleterre). Il appartient au groupe agroalimentaire Bernard Matthews, premier producteur de dindes d'Europe.

Il s'agit du premier élevage touché par le H5N1 en Grande-Bretagne.

La souche H5N1 y avait été détectée pour la première fois en avril dernier, sur un cygne sauvage trouvé mort en Ecosse.

"Nous sommes un peu surpris que cela arrive ici maintenant, alors que le foyer d'infection la plus proche est la Hongrie, ce qui est assez loin", a estimé Ben Bradshaw. "C'est la raison pour laquelle nous n'excluons aucune source particulière pour cette infection", a-t-il indiqué.

Bernard Matthews compte également une filiale en Hongrie, Saga Foods, mais un porte-parole du groupe a refusé d'établir un lien.

La Commission européenne a confirmé lundi dernier la présence du H5N1 dans un élevage d'oies de Hongrie, le premier enregistré dans l'UE depuis l'été dernier.

L'abattage des dindes de l'élevage de Holton devait être achevée lundi. Les oiseaux sont gazés et leurs carcasses transportées dans des camions étanches et bâchés à destination du Staffordshire (centre), à quelque 320 kilomètres, où elles sont détruites.

Mais alors qu'une polémique est apparue autour de la rapidité de réaction des services vétérinaires et des propriétaires de l'élevage, Ben Bradshaw a estimé lundi que tout le monde avait agi "aussi vite que possible".

Il a également tenté de rassurer le public et les professionnels du secteur.

"Les consommateurs britanniques ont montré qu'ils étaient plus raisonnables et moins hystériques que certains dans d'autres pays. Il savent qu'il n'y a absolument aucun risque à manger de la volaille", a-t-il affirmé.

Mais pour Charles Bourne, président du Syndicat national des agriculteurs britanniques, il est probable "qu'il y ait un effet sur les ventes". "Si les ventes de volailles diminuent de 5% (...), cela va affecter le marché et les prix vont chuter. Bien sûr que nous sommes préoccupés", a-t-il dit.

Le Japon qui a importé l'an dernier 161.530 volailles de Grande-Bretagne a décidé lundi de suspendre les importations de volailles britanniques. Mais le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, a demandé aux pays tiers de ne prendre aucune mesure d'embargo à l'encontre d'un pays de l'UE.

"Il est un peu trop tôt pour dire quel impact cela aura", a de son coté estimé Richard Griffiths, du conseil de la volaille britannique (British Poultry Council), précisant que le marché demeurait inchangé lundi.

Par précaution, l'Irlande a placé ses laboratoires en état d'alerte et augmenté les capacités des services vétérinaires tandis que la Suède a renforcé la surveillance des oiseaux sauvages.

De leur côté, les Pays-Bas ont ordonné le confinement total de toutes les volailles et la Norvège a imposé des restrictions sur les élevages de volaille pour éviter tout contact avec des oiseaux sauvages.

En France enfin, le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau a indiqué que le dispositif sanitaire serait adapté en fonction de l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire (Afssa).

Le virus H5N1, réapparu en 2003 en Asie, a touché à ce jour 271 personnes, dont 165 sont mortes.


Photo : u
ne usine d'incinération à Cheddleton, en Grande-Bretagne, où ont été incinérées des milliers de dindes après une épidémie de grippe aviaire.