Fin de règne assombrie pour Tony Blair

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Le Premier ministre britannique Tony Blair a tenu un discours très offensif contre le régime iranien, présenté comme un obstacle à la paix au Moyen-Orient, et a appelé à lutter contre son influence, mercredi matin à Dubaï au terme de sa tournée régionale de six jours.
Le Premier ministre britannique Tony Blair a tenu un discours très offensif contre le régime iranien, présenté comme un obstacle à la paix au Moyen-Orient, et a appelé à lutter contre son influence, mercredi matin à Dubaï au terme de sa tournée régionale de six jours. — Karim Sahib AFP
Alors qu’un nouveau sondage publié dimanche par le «Sunday Express» montre qu'une majorité de Britanniques souhaitent le départ de leur Premier ministre, Tony Blair exclut toute démission, après avoir été interrogé deux fois dans une affaire de financement douteux du Labour. Le point sur l’enquête.

Quand l’enquête a-t-elle démarré? Le 21 mars 2006, après une plainte déposée par le député Angus McNeil du Parti national écossais sur la base d'une loi de 1925 interdisant la «vente» de titres honorifiques. Quelques jours plus tôt, le Labour avait admis avoir reçu près de 14 millions de livres (20 millions d'euros) de donateurs sous forme de prêts pour la campagne de 2005. En échange, ces derniers auraient obtenu des sièges à la chambre des Lords (non élue) ou des titres honorifiques. Tony Blair a admis être au courant mais a rejeté toute idée de malversation.

Qui est mêlé à cette affaire ? Quelque 90 témoins ont été interrogés et des proches de Blair ont été arrêtés : Des Smith, un ancien conseiller du gouvernement, Michael Levy, principal collecteur de fonds du Labour, arrêté à deux reprises , et Ruth Turner, directrice des Affaires gouvernementales. Au total, quatre personnes ont été arrêtées puis remises en liberté. Le Premier ministre lui-même été entendu deux fois par Scotland Yard, en tant que témoin, le 14 décembre 2006 et le 26 janvier 2007. Une première pour un chef du gouvernement britannique en exercice. L'enquête vise également le parti conservateur.

Où en est l’enquête? Nul ne sait où en est l'enquête, hormis ceux qui la mènent. Depuis peu, la police semble surtout s'intéresser à d'éventuelles irrégularités qui visent à entraver les investigations, comme évoqué par la presse, l'effacement de courriels.

Que risque Tony Blair? A priori, le Premier ministre n'a commis aucune faute et devrait échapper à une inculpation. Il a seulement reconnu, très tôt, qu'il avait eu tort de ne pas préciser que les candidats qu'il proposait à la Chambre des lords avaient prêté de l'argent au parti. Mais l'éventuelle inculpation de l'un de ses proches assombrirait forcément ses derniers mois au pouvoir.