Manuel Fontaine: «Les filles sont oubliées du processus de réintégration»

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Trois questions à Manuel Fontaine,conseiller de l'Unicef à la protection de l'enfance.

La présence importante de filles dans certains groupes armés est-elle récente ?

Non, cela a toujours existé. Ces filles sont recrutées comme combattantes, auxiliaires ou à des fins sexuelles, surtout en Afrique.

Bénéficient-elles de la même aide au retour que les garçons ?

En principe, elles devraient. Mais les filles sont souvent oubliées dans ce processus de réintégration. Les risques de stigmatisation sont plus importants, à cause des violences sexuelles dont elles ont été victimes.

Un suivi est donc crucial ?

Oui. On procède à une médiation familiale pour expliquer qu'elles ont été avant tout victimes, et on essaye de leur trouver un métier. Il faut que la conférence d'aujourd'hui fasse prendre conscience aux Etats, du problème particulier des filles et du besoin d'une action forte.

Recueilli par F. V.