Moscou réduit la liberté des blogueurs

WEB Vladimir Poutine a fait voter une loi dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse...

P.B.

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Le président russe, Vladimir Poutine, le 7 mai 2014.
Le président russe, Vladimir Poutine, le 7 mai 2014. — KARPUKHIN/AP/SIPA

Pour bloguer en Russie, il va désormais falloir s'encarter. Cette semaine, Vladimir Poutine a discrètement promulgué une loi controversée encadrant la publication de contenus en ligne.

A partir d'août, les sites ayant plus de 3.000 visiteurs quotidiens devront s'enregistrer auprès d'une agence gouvernementale. Selon les nouvelles règles, un blogueur ne pourra pas rester anonyme. S'il ne fournit pas son nom complet, il risque une amende allant jusqu'à 1.000 euros pour un individu et 6.000 euros pour une entreprise. S'il ne coopère pas, les autorités pourront demander son nom au fournisseur d'accès à Internet et bloquer l'accès à son site, selon Reporters sans frontières (RSF).

Internet, un «projet de la CIA», selon Poutine

Les blogueurs étant assimilés à des journalistes, ils auront encore la responsabilité de vérifier les infos qu'ils publient et devront modérer les commentaires sous peine de poursuites judiciaires aux critères mal définis.

Officiellement, il s'agit de lutter contre la désinformation. Mais selon RSF, il s'agit d'une loi «répressive» dont le seul but est de faire taire les opposants au régime. Ce tour de vis intervient moins d'une semaine après les remarques de Poutine sur un Internet «qui a commencé comme un projet de la CIA». Ce ne sera sans doute pas le dernier.