Nigeria: Le monde se mobilise pour retrouver les ados enlevées

TERRORISME L’enlèvement de plus de 200 lycéennes a été revendiqué lundi par le groupe islamiste armé Boko Haram…

Nicolas Beunaiche

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Capture d'écran du site Change.org, sur lequel une pétition invite les internautes à soutenir les recherches des adolescentes enlevées au Nigeria en avril et mai 2014.
Capture d'écran du site Change.org, sur lequel une pétition invite les internautes à soutenir les recherches des adolescentes enlevées au Nigeria en avril et mai 2014. — 20 MINUTES

Boko Haram s’est mis le monde à dos. En enlevant au Nigeria plus de 200 lycéennes il y a trois semaines, puis de nouveau onze mardi, le groupe islamiste armé s’est logiquement attiré les foudres de l’Etat nigérian, mais aussi de la communauté internationale.

Ces derniers jours, l’affaire a fait la une de nombreux journaux, tandis que les réseaux sociaux s’en sont emparés. Sur Twitter, les ONG et de nombreuses personnalités, de Whoopy Goldberg à Hillary Clinton, multiplient ainsi les appels pour soutenir les recherches et mettre sous pression ceux qui les mettent en œuvre. Leur hashtag de ralliement: #BringBackOurGirls. En trente jours, il a été utilisé près d’1,3 million de fois. Et Facebook n’est évidemment pas en reste. Grâce à la plateforme, des manifestations ont été organisées à Philadelphie, Londres, Dublin ou Paris.

 

 

Une équipe américaine envoyée sur place

Les internautes du monde entier se sont également mobilisés en signant une pétition sur le site Change.org. Un peu plus de 400.000 signatures ont pour le moment été apposées en bas du texte. Son auteur, Ify Elueze, une militante nigériane pour les droits des femmes résidant en Allemagne, espère ainsi peser sur la communauté internationale. «En signant cette pétition, nous déclarons notre solidarité avec les filles kidnappées et appelons le monde à ne pas les oublier, nous soutenons tous les efforts pour assurer leur retour saines et sauves et demandons que toutes les écoles soient des endroits sûrs pour apprendre, protégés des attaques extérieures», écrit-elle sur Change, à l’adresse des «leaders du monde et des organisations internationales».

Aux Etats-Unis, les internautes ont eux aussi lancé leur pétition, cette fois sur la page de la Maison Blanche dédiée à l’expression des citoyens, pour inciter le gouvernement américain à participer aux recherches des lycéennes nigérianes. A-t-elle joué dans l’offre de soutien faite par Barack Obama à son homologue nigérian, Goodluck Jonathan? Le président américain ne l’a pas précisé, mais une équipe américaine d’experts, composée notamment de militaires et policiers, a en tout cas été envoyée sur place. «Ils ont accepté notre aide, mêlant militaires, police et d’autres agences qui vont aller sur place pour essayer de savoir où ces jeunes filles pourraient être et les aider», a déclaré Barack Obama lors d’un entretien à la chaîne ABC.

Obama a des alliés

Et le président américain n’entend pas en rester là. Pour lui, l’envoi d’une équipe ne doit être qu’une étape vers l’éradication complète de Boko Haram. «Nous cherchions déjà à établir une plus grande coopération avec les Nigérians. […] [Cela] pourrait être l’événement qui aide à mobiliser la communauté internationale tout entière afin de faire enfin quelque chose contre une organisation aussi abjecte, qui a perpétré un crime affreux», a lancé Barack Obama.

A ses côtés, il peut déjà compter ses alliés. La Grande-Bretagne, par la voix du chef de sa diplomatie, William Hague, a promis une «aide concrète» au Nigeria. L’ONU, elle, a prévenu que vendre les adolescentes s’apparenterait à un crime contre l’humanité. Quant à Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse de l’islam sunnite, elle a appelé Boko Haram à relâcher les lycéennes. Dans un communiqué publié au Caire, Al-Azhar a souligné que faire du mal à ces jeunes filles est «totalement contraire aux enseignements de l’islam et à ses principes de tolérance», et appelé «à la libération immédiate» des lycéennes. Ce mercredi, François Hollande a pour sa part indiqué que la France «[ferait] tout pour aider le Nigeria» à «retrouver les otages». Une proposition que Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a précisée dans l'après-midi en évoquant une «équipe spécialisée» française disponible pour rechercher les jeunes filles enlevées.

Enfin, pour ceux que l'affaire n'a pas émus, le Nigeria a également eu une idée: la police locale a offert ce mercredi 50 millions de nairas (215.000 euros) aux personnes qui pourraient leur fournir des informations.