Ukraine: Que peut faire l'Union européenne pour calmer le jeu?

Bertrand de Volontat

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Manu Brabo/AP/SIPA

La désescalade est-elle encore possible? Mardi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a plaidé une nouvelle fois en faveur d'une deuxième conférence de Genève, malgré l'absence de résultats concrets à la suite de la première réunion organisée à la mi-avril, estimant que «nous ne sommes plus très éloignés d’une confrontation militaire en Ukraine». Une demande repoussée par le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov qui considère que «se réunir à nouveau dans ce format, avec l'opposition à Kiev absente de la table de négociation, n'apporterait pas grand-chose».

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Le président de l'OSCE, Didier Burkhalter, est attendu ce mercredi à Moscou pour évoquer le dossier ukrainien avec le président russe Vladimir Poutine. Les deux hommes discuteront de la mise en place de tables rondes sous le parrainage de l'OSCE avant l'élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai en Ukraine, alors que Kiev a demandé ce mardi l'aide internationale pour organiser le scrutin. Le président français François Hollande a déclaré pour sa part redouter le «chaos» et «un risque de guerre civile» en Ukraine si la présidentielle n'avait pas lieu. Philippe Migault, chercheur à l’Iris et spécialiste de la Russie, répond à 20 Minutes.

L’UE doit-elle embrasser un rôle de médiateur et s’éloigner de sa position pro-Kiev?

Le problème de l’Union européenne est que depuis le début de la crise ukrainienne en février dernier elle a adopté une attitude ouvertement anti-russe et alignée sur les autorités de Kiev. Elle peut difficilement devenir médiatrice dans ce conflit.

Quels choix s’offrent à l’UE?

Les Etats, en tant que nations de manière individuelle, devraient s’asseoir autour d’une table avec les représentants des factions ukrainiennes et les Russes. Chacun exprimerait alors sa vision. Une entente entre les pays européens, l'Ukraine et la Russie serait une victoire pour tout le monde et pas seulement pour les Russes. Mais elle serait aussi un échec de la cohésion européenne qui n'aura pas réussi à faire entendre une seule voix.

Faut-il agir avant l’élection présidentielle ?

Oui, tout doit se passer très vite mais l’élection présidentielle doit être reportée. Tant que le climat ne sera pas apaisé, il y a peu de chances que tous les partis parviennent à faire campagne dans de bonnes conditions. Le scrutin ne se déroulera pas dans des conditions de transparence idéale et ne sera probablement pas reconnu. Alors pourquoi vouloir organiser cette élection tout de suite?