Belgique: Le maire d'Anderlecht interdit le «Congrès européen de la dissidence»

INTERNATIONAL Dieudonné et Alain Soral figurent entre autres parmi les invités de ce congrès...

Bérénice Dubuc avec AFP

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Le leader de «Debout Les Belges!», Laurent Louis (C), fait une «quenelle» avant le congrès antisémite intitutlé «congrès européen de la dissidence», à Anderlecht, près de Bruxelles, le 4 mai 2014.
Le leader de «Debout Les Belges!», Laurent Louis (C), fait une «quenelle» avant le congrès antisémite intitutlé «congrès européen de la dissidence», à Anderlecht, près de Bruxelles, le 4 mai 2014. — no credit

Le «Congrès européen de la dissidence» n'aura pas lieu. Ce congrès antisémite, prévu ce dimanche après-midi à Anderlecht, dans l'agglomération bruxelloise, et où est convié le polémiste français Dieudonné, a été interdit ce dimanche matin par les autorités, mais les organisateurs ont maintenu leur invitation, appelant les participants à se rassembler «dans le calme et la bonne humeur».

Le maire d'Anderlecht, la commune bruxelloise où devait avoir lieu ce congrès, a pris dimanche un arrêté interdisant le rassemblement et toute manifestation de soutien ou de réprobation, indique l'agence Belga. L'édile justifie sa décision en raison des risques en matière de sécurité. L'interdiction concerne tant l'organisation que les orateurs et les participants, et vise également toute manifestation publique de soutien ou de réprobation à ce congrès. Un périmètre a été défini autour de la salle où devait avoir lieu cet événement, à Chaussée de Mons, et les forces de police ont été mobilisées et chargées de veiller au respect de cet arrêté.

«Risques importants de troubles et heurts»

Eric Tomas, le maire d'Anderlecht, avait fait savoir dès samedi soir qu'il voulait interdire ce rassemblement, quand il avait appris qu'il se tiendrait sur sa commune. Avant cela, les organisateurs avait refusé de divulguer le lieu afin que l'événement ne puisse être interdit. La ministre de l'Intérieur belge, Joëlle Milquet, a indiqué qu’elle soutenait cette décision, soulignant la «légitimé» de l'arrêté, «en raison des risques importants de troubles et heurts en matière d'ordre public, liés notamment aux caractéristiques de l'événement et des personnalités invitées, et aux conséquences en matière de mobilisation et contre-mobilisation annoncées de groupes antagonistes susceptibles de troubler gravement la sécurité, la sûreté et la tranquillité publiques».

La tenue de ce «Congrès européen de la dissidence» a été annoncée en fin de semaine par une librairie bruxelloise et le groupuscule d'extrême droite «Debout les Belges!» du député Laurent Louis, coutumier des déclarations incendiaires contre les Roms, les Juifs et les médias. Sur sa page Facebook, le député belge estimait ce dimanche qu'interdire le congrès «ne ferait que décupler le succès actuel de “Debout les Belges"».

«Nos invités ont tous confirmé leur présence et quoi qu'il arrive, interdiction ou pas, vous pourrez les rencontrer et passer avec nous une journée inoubliable! Ne cédez donc pas aux pressions et venez en famille, dans le calme et la bonne humeur», peut-on encore lire. Le député a également incité via son compte Twitter les participants à se rendre sur le lieu prévu de l’événement où «une surprise» les attendra.

 

 

Outre Dieudonné et l'essayiste d'extrême droite Alain Soral, Kemi Seba, de l'organisation noire radicale Tribu Ka aujourd'hui dissoute, figure parmi les invités. Vendredi, la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA) avait déposé plainte auprès du procureur du roi de Bruxelles, dénonçant une «véritable journée de la Haine qui servirait de cadre au pire rassemblement d'auteurs, de théoriciens et de propagandistes antisémites que notre pays aura connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale».