DIRECT. Ukraine : Violences meurtrières à Odessa: Kiev dénonce une implication russe

M.B.

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Des pro-ukrainiens et des pro-russes s'affrontent à Odessa en marge d'un match de football opposant le Chornomorets Odessa au Metalist Kharkiv, le 2 mai 2014
Des pro-ukrainiens et des pro-russes s'affrontent à Odessa en marge d'un match de football opposant le Chornomorets Odessa au Metalist Kharkiv, le 2 mai 2014 — - AFP
22h55: Ce live est maintenant terminé, retrouvez la synthèse de la journée de samedi par ici et plus d'informations sur la situation en Ukraine dès dimanche matin sur 20minutes.fr
22h15: Des assauts d'insurgés armés à Lougansk font deux blessés chez les soldats ukrainiens

Des insurgés armés pro-russes ont donné l'assaut contre une unité militaire et un point de recrutement à Lougansk (est de l'Ukraine) blessant deux soldats, a indiqué la branche locale du ministère de l'Intérieur. Un soldat des troupes de l'Intérieur a été blessé lors de l'assaut contre l'unité militaire N3035, sur lequel les attaquants armés ont lancé des grenades assourdissantes. Un conscrit a été blessé dans une attaque séparée avec des armes automatiques contre un point de recrutement de cette ville, indique le ministère sur son site Web.
19h50: Un des inspecteurs de l'OSCE raconte sa détention

Le lieutenant-colonel tchèque Josef Prerovsky, l'un des inspecteurs militaires de l'OSCE détenus pendant une semaine par des insurgés pro-russes dans l'Est de l'Ukraine, a confié samedi à la télévision de son pays que les premières heures de la captivité avaient été «les pires». «Nous avons passé les deux premiers jours dans une cave, sans cesse surveillés et accompagnés même aux toilettes, a-t-il détaillé expliquant que pendant les huit premières heures de leur captivité, ils avaient les mains ligotées et les yeux bandés. Ensuite, ils ont dénoué nos mains et nous ont permis de bouger, dans cette cave.»
17h42: L'Union européenne demande une enquête indépendante après les violences meurtrières à Odessa

Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a demandé la mise en place d'une enquête indépendante afin d'identifier les responsables des violences qui ont fait une quarantaine de morts vendredi à Odessa. «Les faits qui ont mené à la perte tragique de tant de vies humaines doivent maintenant être établis par une enquête indépendante et les responsables de ces actes criminels doivent être traduits en justice», a-t-elle déclaré dans un communiqué, tout en appelant à «ne pas exploiter cette tragédie pour attiser plus de haine, de divisions et de violence gratuite».
17h16: La Russie réagit aux déclarations de John Kerry
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a appelé les Etats-Unis à inciter les autorités de Kiev à cesser immédiatement leurs opérations militaires, lors d'une conversation téléphonique avec son homologue américain John Kerry. «Les Etats-Unis doivent utiliser toute leur influence pour obliger le régime de Kiev sous leur coupe, qui a déclaré la guerre à son propre peuple, à cesser immédiatement ses opérations militaires dans les régions du Sud-Est, à replier (ses forces) et à libérer tous les participants aux manifestations», a déclaré Sergueï Lavrov.
15h15:La Roumanie condamne les violences meurtrières d'Odessa:

La Roumanie, qui partage une large frontière avec l'Ukraine, a condamné fermement les violences qui ont fait une quarantaine de morts vendredi dans la ville portuaire d'Odessa.
«Le ministère des Affaires étrangères exprime sa profonde désapprobation face aux violences qui ont eu lieu à Odessa et condamne fermement les actes qui ont fait de nombreuses victimes».
Selon un bilan donné samedi par la police locale, 42 personnes sont mortes vendredi à Odessa, parmi lesquelles des dizaines de militants pro-russes qui ont péri dans un incendie criminel.
Le ministère précise suivre avec attention la situation des 400.000 Ukrainiens roumanophones, deuxième minorité après les russophones en Ukraine.
14h00 : Kiev accuse la Russie après les morts d'Odessa:

Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont dénoncé une ingérence «extérieure» dans les violences qui ont fait 42 morts commises vendredi à Odessa, selon eux «coordonnées par des groupes de sabotage depuis la Russie».
«Les provocations à Odessa se sont déroulées avec une ingérence extérieure et ont été financées par deux ex-hauts responsables» du régime de l'ancien président Viktor Ianoukovitch, un pro-russe renversé en février. Ces deux hommes «se cachent» en Russie, a indiqué le SBU dans un communiqué.
12h40 : L'OSCE confirme la libération des observateurs :

L'OSCE a confirmé samedi la libération de ses observateurs retenus dans l'est de l'Ukraine, et mis en garde contre une nouvelle aggravation de la crise.

Didier Burkhalter, le ministre suisse des Affaires étrangères et président en exercice de l'organisation, a fait part de sa «gratitude», soulignant le rôle des observateurs civils de l'OSCE dans l'issue de l'affaire.
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe réagissait à l'annonce faite par l'émissaire russe Vladimir Loukine de la libération des observateurs retenus depuis plus d'une semaine par les insurgés pro-russes à Slaviansk, bastion des rebelles dans l'est de l'Ukraine.
12h30: La France salue la libération des observateurs de l'OSCE:

La France a salué samedi la libération des observateurs de l'OSCE retenus depuis le 25 avril par des séparatistes pro-russes de Slaviansk.
«Je salue la libération des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, a déclaré le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. La priorité doit maintenant aller à la désescalade de la violence sur le terrain, à la préparation de l'élection présidentielle du 25 mai prochain et à la réforme constitutionnelle».
11h45 : Berlin «consterné et choqué» par les morts d'Odessa:

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit samedi «consterné et choqué» par la quarantaine de personne tuées dans l'incendie volontaire d'un bâtiment à Odessa, port du sud de l'Ukraine, à son tour gagné par l'insurrection pro-russe.
Il condamne «avec la plus grande fermeté» les accès de violences «à Odessa mais aussi dans d'autres villes de l'est et du sud de l'Ukraine, où les manifestants s'affrontent sans retenue, sans hésiter à tuer et à assassiner».
«La tragédie d'Odessa doit nous ouvrir les yeux ! La violence n'engendre que violence en retour. Si l'on n'arrive pas à juguler cela, on pourrait bien en arriver au point où il sera trop tard pour stopper  cet engrenage», a-t-il ajouté.
11h40 : L'Ukraine est-elle encore une nation?
Retrouvez notre analyse par ici
11h30 : La Bulgarie dénonce des violences «monstrueuses» à Odessa:

Le chef de la diplomatie bulgare, Kristian Viguenin, a qualifié de «monstrueuses» les violences qui ont fait plus de 30 morts vendredi à Odessa, ville portuaire du sud de l'Ukraine.
Il réclame «des actions urgentes pour empêcher que les violences ne gagnent d'autres villes de la région».
Trente-cinq personnes ont péri vendredi à Odessa dans le contexte d'affrontements inédits entre défenseurs de l'unité de l'Ukraine et séparatistes pro-russes. Le sud de l'Ukraine avait jusqu'alors été épargné par l'insurrection armée pro-russe qui s'étend dans l'est du pays.
Alors que près de 300.000 Ukrainiens d'origine bulgare vivent dans le sud de l'Ukraine, le ministre a demandé à Kiev de «désarmer les groupements paramilitaires et limiter l'influence de l'extrême droite». Kristian Viguenin a également jugé possible qu'une partie des Ukrainiens d'origine bulgare puissent demander asile en Bulgarie, ce qui constituerait «un défi, si l'afflux est massif».

10h50 :Une élection serait «absurde» au vu des violences actuelles selon le Kremlin:

La tenue d'une élection en Ukraine serait «absurde» dans le contexte actuel de violences dans le pays, a estimé samedi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, alors qu'une présidentielle anticipée est prévue le 25 mai.
Selon lui, la Russie ne sait pas encore comment réagir à la crise en Ukraine, où la violence a atteint de nouveaux sommets vendredi. Moscou a «perdu» son influence sur les communautés russophones d'Ukraine, et n'est plus à même de les convaincre de «désarmer» face à la «menace directe pesant sur leur vie», a-t-il dit
9h50 : Les 12 observateurs de l'OSCE ont été libérés:

Les inspecteurs militaires de l'OSCE retenus depuis plus d'une semaine par les insurgés pro-russes à Slaviansk, bastion des rebelles dans l'Est de l'Ukraine, ont été libérés, a annoncé samedi l'émissaire russe Vladimir Loukine. «Toutes les 12 personnes figurant sur ma liste ont été libérées», a-t-il déclaré aux agences russes.
«Nous sommes heureux d'être enfin sortis, et nous allons bien, compte tenu des circonstances», a déclaré l'un des observateurs libérés au journal allemand Bild, le Colonel Axel Schneider. Nous allons maintenant quitter Slaviansk avec l'envoyé spécial russe et nous espérons que nous pourrons alors quitter Donetsk pour rentrer au pays, en Allemagne, aussi vite que possible».
L'équipe était composée de sept étrangers (un huitième avait déjà été libéré dimanche) et de quatre Ukrainiens.

 
9h40: Comprendre la situation en Ukraine en vidéo:


Comprendre la situation en Ukraine en 2 minutes... par 20Minutes
9h30 : L'opération militaire se poursuit dans l'Est de l'Ukraine selon les autorités:

L'opération antiterroriste menée par l'armée ukrainienne dans les bastions rebelles de Slaviansk et Kramatorsk (Est) se poursuivait samedi matin, a annoncé le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov.
«La phase active de l'opération s'est poursuivie à l'aube, nous ne nous arrêtons pas», a écrit le ministre sur sa page Facebook. «Cette nuit, les forces participant à l'opération antiterroriste à Kramatorsk ont pris le contrôle de la tour de télévision qui était auparavant sous le contrôle des terroristes».
9h00: Les Etats-Unis hausse le ton:

Cette nuit, les Etats-Unis ont appelé Kiev et Moscou à «restaurer l'ordre» après les violences «inacceptables» qui ont fait plus de 30 morts vendredi à Odessa, ville portuaire du sud de l'Ukraine épargnée jusqu'à présent par l'insurrection armée pro-russe qui s'étend dans l'est du pays.

Vendredi dans la soirée, un incendie «d'origine criminelle» a ravagé la Maison des Syndicats d'Odessa, causant la mort de 31 personnes: des militants pro-russes qui s'étaient barricadés dans ce bâtiment assiégé par les pro-Européens, selon le ministère de l'Intérieur ukrainien.
Une manifestation en faveur de l'unité de l'Ukraine avait auparavant été violemment attaquée par des militants pro-russes, se soldant par quatre morts et une quinzaine de blessés.

Trente-cinq personnes ont péri vendredi à Odessa en marge d'affrontements inédits entre défenseurs de l'unité du pays et séparatistes pro-russes, qui font craindre une propagation de l'insurrection dans le sud de l'Ukraine et une réaction de la Russie.

Les violences ont commencé lorsqu'un défilé de partisans des autorités pro-européennes de Kiev et de l'unité du pays a été attaqué par des militants pro-russes armés de battes de baseball, de chaînes métalliques et de pistolets, a constaté un journaliste de l'AFP.

La manifestation pro-Kiev, comptant environ 1.500 personnes, en grande partie des supporteurs des clubs de football d'Odessa et de Kharkiv (est), a été attaquée par plusieurs centaines de pro-russes casqués à coups de matraques, de pierres et d'explosifs, et ce malgré une tentative d'interposition de la police.

Selon les autorités municipales, ces violences ont fait quatre morts et une quinzaine de blessés.

Dans la soirée, les pro-russes se sont barricadés dans la Maison des Syndicats, qui a pris feu dans des circonstances peu claires alors qu'il était assiégé par les pro-Européens: 31 personnes sont mortes des suites d'une intoxication à l'oxyde de carbone ou en sautant par la fenêtre, selon le ministère de l'Intérieur.

Si des violences s'étaient produites ces dernières semaines dans l'est du pays, en proie depuis des semaines à une insurrection armée pro-russe, elles sont inédites pour Odessa, ville portuaire russophone d'un million d'habitants située sur les bords de la mer Noire.

"Aujourd'hui, c'est notre chère Odessa qui est visée. Des manifestants pacifiques ont été attaqués par ceux qui veulent transformer l'Ukraine en une zone de guerre et démanteler le pays", s'est insurgée Ioulia Timochenko, ex-chef du gouvernement et candidate à la présidentielle prévue le 25 mai, avant l'annonce de l'incendie.

La gravité de l'événement pourrait pousser la Russie à réagir. Moscou a déclaré à de nombreuses reprises ces derniers mois s'inquiéter pour la sécurité de la population russophone d'Ukraine, qu'elle estime menacée.

Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Serguiï Pachinski a affirmé que l'incendie était le fruit d"une provocation des services spéciaux russes destinée à détourner l'attention de l'opération antiterorriste" en cours à Slaviansk dans l'Est du pays.

- Odessa, russe sous les tsars -

 

 

Ces violences sont d'autant plus inquiétantes qu'Odessa se trouve à proximité de la Transdniestrie, république séparatiste pro-russe de la Moldavie, contrôlée de facto par Moscou.

Le président russe Vladimir Poutine a laissé entendre à la mi-avril qu'Odessa et d'autres villes du Sud-Est ukrainien n'avaient pas toujours fait partie de l'Ukraine, à qui elles auraient été cédées "ultérieurement". Selon lui, ces villes faisaient partie de la "Novorossia (Nouvelle Russie) à l'époque tsariste". "Pourquoi (elles ont été cédées), je ne sais pas", a-t-il ajouté.

Ces remarques ne sont pas considérées comme anodines dans le contexte actuel de crise russo-ukrainienne, en particulier après, en mars, le rattachement à la Russie de la Crimée, péninsule qui a fait partie de la Russie avant d'être "offerte" à l'Ukraine soviétique en 1954.

"Je ne veux pas de militaires russes à Odessa", a déclaré à l'AFP Semen Korotkov, 29 ans, qui a participé à la manifestation pro-Kiev vendredi. Mais selon lui "les manifestants pro-russes font tout pour encourager un tel scénario".

 

- Flash mobs patriotiques sur l'escalier Potemkine -

 

 

Après le renversement du gouvernement pro-russe à Kiev en février, Vladimir Poutine a obtenu le feu vert du Parlement russe pour l'envoi de troupes en Ukraine afin d'y protéger "les russophones".

Pour le politologue ukrainien Olexiï Goloboutski, les heurts à Odessa "sont une provocation de la part des pro-russes" qui ont pour objectif de "déstabiliser la situation à Odessa comme à Donetsk ou à Lougansk", deux grandes villes industrielles de l'Est.

Il pense cependant que la rébellion pro-russe aura moins de chance de prendre de l'ampleur à Odessa dont les habitants avaient organisé ces derniers mois des flash mobs patriotiques comme chanter l'hymne ukrainien sur le célèbre escalier Potemkine (rendu célèbre par le film +Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein,ndlr) ou l'exécution par l'orchestre philharmonique de l'hymne de l'Europe sur le marché Privoz.

"Il y a à Odessa plus de partisans de l'Ukraine unie que de pro-russes et ils sont mieux organisés", souligne l'expert.