La police nord-irlandaise s'adapte à la neutralité

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Dans leur voiture banalisée à vitres et portières blindées, Andrew Jackson et Dennis Irvine font leur tournée. Les deux policiers roulent au centre de Lurgan, petite ville d'Irlande du Nord. Ici, tout est divisé : au nord, les catholiques, fervents soutiens du Sinn Féin, le parti républicain issu du l'IRA ; au sud, les protestants, proches du DUP, le parti radical unioniste. « Il est hors de question d'aller seul dans le quartier nord », explique Dennis Irvine.

Huit ans après l'accord du Vendredi saint, qui a mis fin aux violences, les tensions restent palpables en Irlande du Nord. Au coeur du problème, la police que les catholiques considèraient comme pro-unioniste. A tel point que trois cents policiers ont été assassinés ces trente dernières années. « Autrefois, dans les quartiers catholiques, si on se faisait voler sa voiture, on allait voir le bureau du Sinn Féin, pas la police », explique un observateur. Conscient du problème, Downing Street a réformé l'institution. Un quota d'embauche a été instauré, pour que la moitié des nouveaux policiers soient catholiques. Les réformes ont convaincu. Dimanche, le Sinn Féin a officiellement reconnu la police. Un accord entre les deux ennemis d'hier est maintenant à portée de main.

En Irlande du Nord, Eric Albert