Vatican: Canonisation en grande pompe des papes Jean-Paul II et Jean XXIII

Anne-Laëtitia Béraud
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Des pèlerins sur la place Saint-Pierre de Rome au Vatican le 27 avril 2014, à l'occasion de la double canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II.
Des pèlerins sur la place Saint-Pierre de Rome au Vatican le 27 avril 2014, à l'occasion de la double canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II. — Alessandro Serrano/ AGF/SIPA

Huit cent mille fidèles se sont pressés dimanche pour la double canonisation des papes Jean-Paul II et Jean XXIII, selon le Vatican. Sur la place Saint-Pierre et d’autres places romaines, une foule bigarrée portant drapeaux et banderoles a rendu hommage à ces figures de l’Eglise catholique.

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«Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II», a déclaré le pape François, selon la formule consacrée. L’ancien souverain pontife Benoît XVI, assistait à cette cérémonie au format XXL, réunissant une centaine de délégation et 24 chefs d’Etats, de gouvernement et souverains.

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Côté français, outre le Premier ministre Manuel Valls, l’un de ses prédécesseurs, François Fillon, figurait parmi les 15.000 Français venus pour l’occasion. Une présence politique française jugée normale pour Monseigneur Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, car «ces deux papes francophiles étaient aussi des géopolitiques, l’un ayant connu intimement la guerre froide, l’autre ayant œuvré à la chute du Mur de Berlin et fait 29 fois le tour de la terre».

À quelques minutes du début des cérémonies. Cc: @FrancoisFillon pic.twitter.com/TUVppI6xk2

— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) 27 Avril 2014

Avec cette double canonisation, ce sont aussi deux sensibilités de l’Eglise catholique qui sont célébrées. A Jean XXIII, le pape du concile de Vatican qui a ouvert l’Eglise sur le monde au cours des années 1960, fait contrepoids Jean-Paul II, le pape charismatique et conservateur. «Ces deux papes sont complémentaires. Avec Jean XXIII, le pape du dialogue, nous avons Jean-Paul II, le pape des repères», souligne Bernard Podvin.

«Lier ces deux figures de l’Eglise du 20e siècle évite aussi une ‘papaulâtrie’ latente, notamment en ce qui concerne Jean-Paul II», renchérit le prêtre Julien Dupont, du diocèse de Poitiers. En effet, le pape polonais a ses panégyristes, qui criaient à ces obsèques en 2005 de le faire «saint maintenant» («Santo subito»). Le processus de canonisation de Jean-Paul II a d’ailleurs été accéléré, Benoît XVI ayant décidé de lancer le processus avant le délai normal de cinq ans. «Il est indéniable qu’il y ait eu une ‘génération Jean-Paul II’, mais il ne représente pas toute la sainteté. Jean XXIII représente une sensibilité complémentaire, et les deux forment une synthèse», souligne le père Podvin.