Qui pour présider la Commission européenne?

Anne-Laëtitia Béraud

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L'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du PPE européen pour la présidence de la Commission européenne.
L'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du PPE européen pour la présidence de la Commission européenne. — Peter Morrison/AP/SIPA

A l’occasion du premier débat télévisé entre les cinq candidats à la présidence de la Commission européenne lundi soir sur Euronews, 20 Minutes s’est penché sur les prétendants à la succession de José Manuel Barroso, le président sortant...

Le duo José Bové/Franziska Keller pour Les Verts

Le Français José Bové et l'Allemande Franziska «Ska» Keller constituent l’unique duo de candidats représentant les Verts européens. Ils ont été été choisis à l’issue de primaires européennes en ligne. L’agriculteur et syndicaliste français, ancien porte-parole de la Confédération paysanne, est une figure de la lutte contre les OGM ou de l’anti-nucléaire ou de l’altermondialisme. Ska Keller, née dans l’ex-Allemagne de l’Est il y  32 ans, est une ancienne porte-parole de la fédération des jeunes Verts européens. Elle s’est spécialisée sur les questions migratoires, commerciales et de la jeunesse. Figurent parmi leurs priorités la mise en place de politiques de solidarité et favorisant la transition énergétique, le refus du nucléaire et des gaz de schiste, ou encore la lutte contre les lobbys.

Jean-Claude Juncker du Parti Populaire Européen

L’ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, né en 1954, est la tête de liste des conservateurs européens. Selon les sondages du site Pollwatch, l’homme tiendrait la corde pour le poste de président de la Commission européen. Ce membre du parti chrétien-social, nommé secrétaire d’Etat dans son pays à seulement 28 ans, épouse la route européenne très tôt: Il négocie le traité de Maastricht de 1992, et est de tous les sommets européens entre 1995 et 2013. Partisan du compromis, cet europhile a présidé l’Eurogroupe, l’instance où siègent les ministres des Finances de la zone euro, de 2004 à 2013, où il a tenté d’assouplir la politique allemande face à la crise grecque. Parmi ses priorités, trouver un juste équilibre entre rigueur et croissance, améliorer la politique énergétique européenne et réformer l’union monétaire.

Martin Schulz du Parti Socialiste européen

Cet Allemand social-démocrate né en décembre 1955 représente le candidat de la gauche européenne. Issu d’un milieu modeste, Martin Schulz ne termine pas le lycée et ouvre une librairie à 27 ans à Würselen. Une ville dont il devient le maire en 1987, à 32 ans. Elu député européen en 1994, il gravit toutes les marches du pouvoir au sein de cette institution, jusqu’à devenir le chef de file du groupe socialiste en 2004, puis président du Parlement européen en 2012. Parmi les priorités de cet europhile figurent le renforcement de la voix et du rôle de cette institution, la seule directement élue au suffrage universel. L’homme, qui peut connaître des colères mémorables, est honni des europhobes.  

Alexis Tsipras du Parti de la gauche européenne

Alexis Tsipras préside la coalition de la gauche radicale (Syriza) en Grèce. Ce quadragénaire s’est fait connaître quand son parti est arrivé deuxième (27%) aux législatives grecques de 2012, derrière le parti conservateur, alors qu’il recueillait moins de 5% des voix en 2009. Il est une figure européenne de la lutte contre la «troïka» (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) et le mécanisme de déblocage d'aides européennes en échanges de mesures d'économies draconiennes. Souhaitant rester dans l’Europe et la zone euro, il plaide pour un nouveau «plan Marshall» pour relancer la croissance en Europe, mais aussi pour l’annulation de toutes les dettes des pays les plus touchés par la crise.

Guy Verhofstadt de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe

Le libéral Guy Verhofstadt est à la tête du troisième groupe du Parlement européen, loin derrière les conservateurs du PPE et les socialistes. Il a été Premier ministre dans son pays pendant neuf ans, à la tête de gouvernements de coalition dans son pays. Guy Verhofstadt promeut une plus grande intégration entre les pays européens –notamment dans les domaines de la fiscalité, de l’énergie ou encore des services - pour parer à la crise et favoriser la croissance. En 2002, il s’est déclaré favorable à l’adhésion de la Turquie.