La NBA et Obama s'indignent des dérapages racistes du propriétaire des Los Angeles Clippers

RACISME Après la diffusion d'une conversation privée de Donald Sterling...

20 Minutes avec AFP

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Le propriétaire des Los Angeles Clippers Donald Sterling, le 21 avril 2014 à Los Angeles
Le propriétaire des Los Angeles Clippers Donald Sterling, le 21 avril 2014 à Los Angeles — AFP

Le propriétaire des Los Angeles Clippers, Donald Sterling, est dans la tourmente pour des propos racistes qui ont conduit samedi la Ligue nord-américaine de basket (NBA) à ouvrir une enquête et des vedettes à s'indigner contre l'octogénaire à la réputation sulfureuse.

Barack Obama dénonce les propos

Le président Barack Obama lui-même, premier noir américain élu à la tête des Etats-Unis, a dénoncé ce dimanche ces propos.

«Lorsque des personnes ignorantes se vantent de leur ignorance, il n'y a pas grand chose à faire sinon de les laisser parler», a-t-il déclaré, évoquant des propos «incroyablement offensants» et «racistes», lors d'une visite officielle en Malaisie.

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«Tu n'as pas à te montrer à côté de noirs»

C'est le site internet TMZ, spécialisé dans l'actualité des célébrités, qui a lancé «l'affaire Sterling» en mettant en ligne l'enregistrement d'une conversation de dix minutes entre un homme présenté comme Donald Sterling et une femme d'une vingtaine d'années identifiée comme V. Stiviano.

Sterling lui reproche d'avoir publié sur son compte Instagram une photo la montrant aux côtés de Magic Johnson, l'ancienne star des Los Angeles Lakers.

«Sur ton Instagram de merde, tu n'as pas à te montrer à côté de noirs», lance-t-il à la jeune femme, qui lui objecte qu'elle est elle-même d'origine mexicaine et afro-américaine.

La NBA a annoncé le landement d'une enquête

«Tu peux coucher avec (des noirs), tu peux les faire venir chez toi, tu peux faire ce que tu veux avec eux, mais la moindre des choses est de ne pas en faire la publicité et les amener à mes matches», s'emporte-t-il.

Attaqué directement, Magic Johnson a annoncé sur son compte Twitter qu'«il n'assisterait plus à un match des Clippers tant que Sterling en restera le président».

«La NBA est une ligue noire, il ne peut pas y avoir un propriétaire qui tient de tels propos, il doit être suspendu», a estimé Charles Barkley, sacré MVP (meilleur joueur de la saison) en 1993.

Surtout, la NBA a annoncé le lancement d'une enquête, et veut auditionner Sterling et la jeune femme. «Nous voulons avoir les résultats de cette enquête dans les jours à venir, mais je ne peux pas me prononcer sur une éventuelle sanction», a expliqué le patron de l'organisation, Adam Silver, confronté à sa première crise depuis sa prise de fonction en février.

Enième dérapage

Le plus ancien propriétaire en activité (1981) en NBA n'en est pas à son premier dérapage. Il avait notamment été condamné à une amende de 2,7 millions de dollars en 2009 pour discrimination contre des noirs et hispano-américains dans des immeubles de Los Angeles.

Les joueurs des Clippers, qui mènent par deux victoires à une face à Golden State dans les play-offs de fin de saison, ont convoqué une réunion de crise samedi. «Ce n'est pas quelque chose qui nous met très à l'aise, mais notre meilleure façon de protester sera de gagner notre prochain match», a déclaré Doc River, l'entraîneur, un noir-américain.