Ukraine: Des nouvelles sanctions contre Moscou discutées à Bruxelles lundi

MONDE Les diplomates des 28 se réunissent en vue d'adopter une liste supplémentaire de sanctions...

avec AFP

— 

Une colonne de véhicules entre à Sloviansk, dans l'Est de l'Ukraine, le 24 avril 2014.
Une colonne de véhicules entre à Sloviansk, dans l'Est de l'Ukraine, le 24 avril 2014. — Manu Brabo/AP/SIPA

Le ton monte contre Moscou. Les diplomates des 28 se rencontreront lundi à Bruxelles pour discuter de nouvelles sanctions contre Moscou sur la crise en Ukraine. Plus tôt ce samedi, le G7 a décidé de nouvelles sanctions contre Moscou avec un volet américain susceptible d'intervenir «dès lundi» face à une menace d'intervention russe dans l'est de l'Ukraine où les séparatistes retiennent des membres de l'OSCE qu'ils taxent d'«espions de l'Otan».

Ce durcissement intervient au moment où une intervention de l'armée russe en Ukraine apparaît comme une hypothèse de plus en plus probable et le Premier ministre ukrainien a dû écourter une visite à Rome «en raison de la situation» après avoir accusé la veille Moscou de vouloir lancer «une troisième guerre mondiale». Malgré les pressions de l'Allemagne et les Etats-Unis, les séparatistes refusaient samedi de libérer les 13 membres de la mission de l'OSCE arrêtés vendredi à Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes.

Des sanctions américaines dès lundi

Selon un responsable américain sous couvert de l'anonymat, «chaque pays déterminera quelles sanctions ciblées il veut imposer. Ces sanctions seront coordonnées et complémentaires, mais pas nécessairement identiques».

«Les sanctions américaines pourraient intervenir dès lundi», a-t-il précisé. «Etant donné l'urgence de garantir l'opportunité d'un vote démocratique pacifique et couronné de succès le mois prochain lors de l'élection présidentielle ukrainienne, nous nous sommes engagés à agir d'urgence pour intensifier les sanctions ciblées et les mesures pour renchérir le coût des actions russes», poursuit le communiqué du G7.

Ce communiqué salue la «retenue» avec laquelle le nouveau gouvernement de Kiev a agi face aux hommes armés pro-russes qui se sont emparé de bâtiments officiels dans l'est de l'Ukraine.  «En revanche, la Russie n'a entrepris aucune action concrète pour mettre en oeuvre l'accord de Genève», déplore le communiqué.

La Russie continue «d'exacerber les tensions»

«Elle n'a pas soutenu publiquement l'accord, et n'a pas condamné non plus les actions des séparatistes qui cherchent à déstabiliser l'Ukraine, pas plus qu'elle n'a appelé les militants armés à quitter pacifiquement les bâtiments du gouvernement qu'ils occupent et à déposer les armes».

«Au lieu de cela, elle a continué à exacerber les tensions avec un discours toujours plus préoccupant et des manoeuvres militaires menaçantes à la frontière de l'Ukraine», affirme le communiqué.

«Nous réitérons notre ferme condamnation de la tentative illégale de la Russie d'annexer la Crimée et Sébastopol, que nous ne reconnaissons pas». «Nous allons maintenant mener à leur terme les conséquences pratiques et juridiques de cette annexion illégale, y compris mais pas seulement aux niveaux économique, commercial et financier».

Selon Kiev, la Russie prépare une invasion ou veut du moins déstabiliser la situation politique avant la présidentielle du 25 mai pour laquelle les pro-occidentaux sont les grands favoris. Les séparatistes comptent de leur côté organiser un référendum le 11 mai pour couper les ponts avec Kiev, voire rejoindre la Russie.