Un ministre japonais traite les femmes de «machines à faire des enfants»

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Le ministre nippon de la Santé, Hakuo Yanagisawa, était la cible de vives critiques dimanche, certains appelant à sa démission, après avoir qualifié les femmes de "machines à faire des enfants" lors d'un discours sur le déclin du taux de natalité au Japon.
Le ministre nippon de la Santé, Hakuo Yanagisawa, était la cible de vives critiques dimanche, certains appelant à sa démission, après avoir qualifié les femmes de "machines à faire des enfants" lors d'un discours sur le déclin du taux de natalité au Japon. — Toshifumi Kitamura AFP/Archives

Des «machines à faire des enfants». Voici en quelques mots la définition de la femme selon le ministre nippon de la Santé, Hakuo Yanagisawa, âgé de 71 ans.

Exhortant la population à relancer la natalité du pays, son derniers discours lors du rassemblement du parti démocrate libéral (PDL, droite au pouvoir), dimanche, a suscité un réel tollé.

Le Premier ministre, Shinzo Abe, embarrassé par les propos de son ministre, s’est officiellement indigné en répondant qu’il «considère ces remarques comme inconvenantes». Les ministres se doivent «de faire attention» afin d’éviter de nouveaux malentendus et «ne pas dire uniquement ce qui leur passe par la tête», a-t-il ajouté, illustrant ainsi son clair désaccord. Soucieux de refréner les élans de protestations, il a aussitôt adressé un blâme à Hakuo Yanagisawa.

Ce dernier a donc fait des excuses publiques. Des excuses visiblement insuffisantes pour taire les critiques, la majorité de la population exigeant sa démission.

Le ministre dévoile ici son «vrai visage», a ainsi estimé l’écrivaine Michiko Yoshinaga, lui conseillant de se pencher plutôt sur les raisons qui empêchent les Japonaises d’avoir plus d’enfants.

Un dérapage verbal, dont pâti le Premier ministre. Selon un sondage publié lundi par le quotidien japonais Mainichi il chute de 6 points à 40%, tandis que les mécontents continuent de gagner du terrain à 36%.

Néanmoins, et contre toute attente, le parti démocrate, la principale formation d’opposition, n’en tire pas profit: il enregistre également une perte de quatre points dans les sondages.