Le fils Kadhafi a un plan pour libérer les infirmières bulgares

— 

Le procès en appel de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, accusés d'avoir inoculé le sida à des enfants libyens, a repris mardi à Tripoli devant la cour criminelle.
Le procès en appel de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, accusés d'avoir inoculé le sida à des enfants libyens, a repris mardi à Tripoli devant la cour criminelle. — Mahmud Turkia AFP/Archives

Le fils aîné du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif el-Islam, a affirmé que Tripoli avait proposé à Berlin et Paris un plan de libération des infirmières bulgares condamnées à mort à condition que les familles des victimes du sida soient indemnisées, dans une interview publiée lundi par le quotidien bulgare "24 Tchassa". Seif el-Islam, qui passe pour réformateur tout en étant proche de son père, a également demandé la libération d'un officier libyen condamné à la perpétuité en Grande-Bretagne pour l'attentat de Lockerbie contre un avion de la compagnie américaine Pan Am en 1988.

Il a assuré que les cinq infirmières et le médecin palestinien condamnés à mort après avoir été accusés d'avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants dans un hôpital, ne seraient pas exécutés. «Il n'y aura pas d'exécutions... La Libye n'est pas l'Irak», a-t-il dit dans une allusion à l'exécution de Saddam Hussein. «Nous avons proposé une feuille de route avec une solution pour toutes les parties: les parents, le gouvernement libyen, la Bulgarie, l'UE», a-t-il déclaré, ajoutant avoir évoqué ce plan avec les ministres des Affaires étrangères allemand et français. «Il s'agit d'indemnisations sérieuses pour les familles des personnes concernés», a précisé Seif el-Islam affirmant qu'il était chargé de travailler sur ce plan par son père et par les familles des enfants malades. «Mon père veut qu'une solution définitive soit trouvée. Lui aussi est contre une exécution. Nous ne sommes pas comme ce gouvernement irakien brutal».

«On a l'impression que le monde entier ne s'intéresse qu'au sort des infirmières et que personne ne respecte les droits des enfants contaminés et de leurs familles. Une attention à leur problème de la part de l'Europe aidera beaucoup», a-t-il expliqué.

Seif el-Islam a par ailleurs souligné que pour Tripoli l'officier libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi condamné à la prison à vie en janvier 2001 pour l'attentat de Lockerbie ayant fait 270 morts, «est innocent». «Comme vous avez le droit de demander le retour de vos infirmières, nous avons le droit d'insister pour le retour d'al-Megrahi en Libye», a-t-il déclaré en précisant cependant qu' «il ne s'agit pas d'un échange», mais de «deux questions différentes».

Seif el-Islam s'est par ailleurs joint aux critiques de la communauté internationale sur les «condamnations inéquitables» des infirmières bulgares et du médecin palestinien, assurant que «le tribunal a pris cette décision de façon absolument indépendante». «Nous aussi, nous étions choqués et surpris par le résultat», a-t-il affirmé, blâmant les policiers et les enquêteurs.