Ukraine: Les séparatistes de Slaviansk demandent des armes à la Russie

CRISE Quelques heures auparavant, il avait réclamé au président russe le déploiement de telles troupes pour «défendre la population pacifique» face aux forces ukrainiennes...

B. de V. avec AFP
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Des miliciens pro-russes à un check-point à Slaviansk le 20 avril 2014
Des miliciens pro-russes à un check-point à Slaviansk le 20 avril 2014 — Genya Savilov AFP

Les séparatistes pro russes de Slaviansk, leur place forte dans l’est de l’Ukraine, ont appelé dimanche la Russie à leur livrer des armes et menacé d’abattre le ministre ukrainien de l’Intérieur, qui venait d’annoncer qu’il se rendait dans ces régions.

«Au gouvernement russe et à Vladimir Vladimirovitch (Poutine) (…), nous demandons de l’aide. Si vous ne pouvez pas envoyer des forces de maintien de la paix, livrez-nous des armes», a déclaré devant la presse Viatcheslav Ponomarev, le maire autoproclamé de cette ville quadrillée par des groupes d'«autodéfense».

«Nous avons besoin d’armes, nous n’en avons pas assez»

Quelques heures auparavant, il avait réclamé au président russe le déploiement de telles troupes pour «défendre la population pacifique» face aux forces ukrainiennes. «Pour le moment, la Russie, n’a pas répondu» à cet appel, a-t-il ensuite précisé.

«Nous avons besoin d’armes, nous n’en avons pas assez, car ils (les militaires ukrainiens) ont de l’aviation et des blindés»,a expliqué Ponomarev, qui a par ailleurs affirmé n’avoir «aucun contact direct», avec Moscou.

Interrogé par l’AFP sur la visite dans l’Est du ministre ukrainien de l’Intérieur, Arsen Avakov, il a sèchement répondu: «s’il vient (à Slaviansk), je lui tirerai moi-même dessus je ne serrerai pas la main de ce pédé».

Avakov a assuré dimanche qu’il irait dans les régions orientales de son pays inspecter les unités de la Garde nationale déployées en réponse à l’insurrection séparatiste.

Couvre-feu de minuit à six heures

Il n’a pas précisé si ce déplacement était lié à la fusillade qui a fait quatre morts dans la nuit de samedi à dimanche à un poste de contrôle improvisé tenu par les pro russes et situé à une quinzaine de kilomètres de Slaviansk.

En ce qui concerne le couvre-feu décrété, de minuit à six heures du matin, peu après cet incident, Viatcheslav Ponomarev a simplement dit qu’il resterait en vigueur «tant que ne serait pas levée la menace d’une attaque» des forces ukrainiennes.

Les miliciens présents aux innombrables barrages érigés dans les rues de Slaviansk ainsi que dans la campagne environnante se montraient, quant à eux, de plus en plus nerveux, inspectant attentivement la plupart des véhicules, contrairement aux jours précédents.