Islamisme: L’inquiétude grandit autour des lycéennes enlevées par Boko Haram

MONDE 129 jeunes filles ont été kidnappées lundi dans le nord-est du Nigeria...  

R.S. avec AFP

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Carte localisant Chibok, lieu de l'enlèvement des lycéennes, au Nigeria
Carte localisant Chibok, lieu de l'enlèvement des lycéennes, au Nigeria — J-M.Cornu / J. Jacobsen AFP

Que deviennent les lycéennes enlevées par Boko Haram en début de semaine? Pour leurs familles comme pour les autorités nigérianes, il n’est pas possible de répondre à cette question avec précision. De nombreuses zones d’ombre subsistent sur cet enlèvement condamné par Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU.

Où sont-elles retenues? Personne n’est en mesure de le dire actuellement. Les lycéennes ont été enlevées par des hommes armés lundi soir à Chibok, dans l’Etat de Borno, au Nord-est du Nigéria. Lors de l’assaut du lycée, ils avaient mis le feu à plusieurs bâtiments avant de tirer sur les soldats qui gardaient l’établissement. Les jeunes filles auraient été conduites dans le district de Konduga, dans la forêt de Sambisa, une zone connue pour abriter des camps fortifiés de Boko Haram.

Combien sont-elles? Lors de l’assaut, elles étaient bien 129. Mais depuis, certaines auraient réussi à s’échapper. Trois d’entre elles ont pu regagner Chibok selon Lawal Zanna, le père d’une lycéenne toujours en captivité. Les jeunes filles auraient fui après avoir demandé aux ravisseurs la permission d’aller aux toilettes, et avoir ensuite réussi à rejoindre Chibok grâce à des bergers nomades. Mercredi soir, l’armée assurait que toutes les lycéennes avaient été libérées, sauf huit. Une affirmation contredite par la directrice du lycée qui évoque 115 élèves entre les mains des ravisseurs. «Les déclarations de l’armée sont fausses», indique Asabe Kwambura. Une source sécuritaire de haut rang de cette région affirmait également mercredi soir que plus d’une centaine de jeunes filles étaient toujours en captivité.

Comment s’organisent les recherches? Selon le gouverneur de l’Etat de Borno, Kashim Shettima, 50 millions de nairas (215.000 euros) seront offerts à toute personne pouvant donner des informations permettant la libération des otages. Régulièrement critiqué pour la persistance des attaques des insurgés islamistes, le président Goodluck Jonathan a convoqué une réunion des chefs des services de sécurité jeudi pour examiner «la situation sécuritaire dans le pays», selon un communiqué de la présidence.

Dans quel contexte ont-elles été enlevées? Le jour de l’enlèvement, une bombe avait explosé dans une gare routière proche de la capitale fédérale, Abuja, faisant au moins 75 morts et 141 blessés, soit l’attentat le plus meurtrier jamais commis dans les environs de la ville. L’attentat et les enlèvements ont été attribués à Boko Haram, un groupe islamiste armé dont l’insurrection, qui dure depuis cinq ans, a fait plusieurs milliers de morts au Nigeria. L’escalade de la violence dans le Nord-Est, fief historique du groupe extrémiste, a poussé de nombreux établissements scolaires de la région à fermer, comme ce lycée de Chibok, mais il avait rouvert cette semaine pour permettre aux lycéennes de préparer un examen annuel. Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a condamné mercredi l’enlèvement, considérant que le fait de viser des écoles est une «grave violation des droits de l’Homme internationaux».