VIDÉO. Corée du Sud: Où en sont les recherches pour sauver les naufragés?

MONDE Le bilan de 9 morts pourrait s’alourdir dans les prochaines heures…

R.S. avec AFP

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Les plongeurs s'activent autour de l'épave du Sewol le 15 avril 2014 pour retrouver d'éventuels survivants après le naufrage du navire en Corée du Sud.
Les plongeurs s'activent autour de l'épave du Sewol le 15 avril 2014 pour retrouver d'éventuels survivants après le naufrage du navire en Corée du Sud. — Yonhap News/NEWSCOM/SIP

Du Sewol, un bateau de 6.825 tonnes, il ne reste qu’une infime partie (sa quille) émergée en mer de Chine. Le ferry qui transportait 475 personnes lors de son naufrage, mercredi, aurait heurté un rocher avant d’être lentement aspiré par le fond. Emportant avec lui des dizaines de lycéens, partis en voyage scolaire sur l’une des îles de la région.

Comment s’organisent les secours? Un peu plus de 24h après la catastrophe, les secouristes redoublaient d’efforts pour retrouver des survivants, ce jeudi matin. Ils se sont notamment activés toute la nuit à la lumière de projecteurs puissants, mais la violence des courants et une visibilité réduite sous l’eau ont empêché les plongeurs de pénétrer dans l’épave immergée.

Combien de décès à déplorer? Selon les médias locaux, le naufrage pourrait avoir coûté la vie à des centaines d’adolescents. Beaucoup plus que les 9 décès officiellement recensés actuellement. Il reste 287 personnes dont on est sans nouvelle, sur les 475 qui étaient à bord, dont 325 sont des lycéens, indiquent ce jeudi les garde-côtes.

Comment s’est déroulée l’évacuation? Les causes de l’accident ne sont pas encore connues, mais les premières questions sur l’évacuation des passagers commencent à se poser. Certains rescapés ont indiqué que l’équipage leur avait donné l’ordre de ne pas bouger de leurs sièges après le choc. «Nous avons attendu 30 à 40 minutes, raconte un lycéen. Et puis le ferry a basculé, tout le monde s’est mis à hurler et a essayé désespérément de sortir de là.» La discipline est stricte dans le système scolaire sud-coréen et l’autorité respectée, ce qui conduit la presse à conclure que les lycéens ont certainement obéi aux ordres sans protester. «Si seulement on nous avait dit de sortir plus tôt, nous aurions été plus nombreux à sauter à l’eau», où des bateaux de pêche récupéraient les passagers, estime une lycéenne sur la télévision MBC.

Où sont les éventuels survivants? Comme dans un film d’épouvante, certains parents évoquent des SMS envoyés depuis l’intérieur du ferry par leurs enfants. Ceux-ci auraient donc été bloqués dans les cabines, apparemment protégées des voies d’eaux. Les secours espèrent encore trouver des survivants dans ces poches d’air mais chaque heure compte. Un responsable des recherches, Cho Yang-Bok, estime qu'«il y a peu de chance» que quelqu’un piégé dans le navire ait pu survivre dans une poche d’air, plus de 24 heures après le naufrage. Trois grues géantes ont malgré tout été déployées sur le site pour essayer de redresser l’épave.

Quel impact en Corée du Sud? Le traumatisme est immense dans un pays qui suit l’évolution du sauvetage en direct sur les chaînes de télévision. L’ampleur du drame a stupéfié la Corée du Sud, pays riche et moderne, qui pensait avoir relégué dans le passé ce type de catastrophes. Un accident d’autant plus cruel que nombre de victimes étaient à peine sorties de l’enfance. Sur l’île de Jindo, voisine du naufrage, des proches des passagers étaient accueillis dans un gymnase, qui retentissait des cris de désespoir et de colère. Le Premier ministre Chung Hong-Won s’est rendu dans le gymnase et a été accueilli par des cris et des sifflets de parents.