Des partisans d'Abdelaziz Bouteflika sont rassemblés à Tlemcen le 7 avril 2014
Des partisans d'Abdelaziz Bouteflika sont rassemblés à Tlemcen le 7 avril 2014 — Farouk Batiche AFP

PRESIDENTIELLE

Algérie: Jour J pour l’élection présidentielle, Bouteflika toujours ultra-favori à sa succession

Six candidats sont en lice, dont l'ex-Premier ministre Ali Benflis et une femme, la députée trotskyste Louisa Hanoune…

Première apparition publique depuis près de deux ans ce jeudi pour le président sortant Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, à l’occasion de l’élection présidentielle algérienne. L’homme de 77 ans, affaibli par la maladie, est ultra-favori de ce scrutin.

Plus de 260.000 policiers et gendarmes seront déployés sur le terrain pour assurer la sécurité de près de 23 millions d'électeurs appelés à voter dans 50.000 bureaux en faveur de l'un des six candidats en lice, dont l'ex-Premier ministre Ali Benflis et une femme, la députée trotskyste Louisa Hanoune.

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Souffrant encore des séquelles d'un AVC subi il y a un an et qui a réduit ses capacités d'élocution et de mobilité après trois mois d'hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris, Abdelaziz Bouteflika «accomplira son devoir électoral ce jeudi à 10h à l'Ecole Cheikh Bachir El-Ibrahimi à El-Biar», sur les hauteurs d'Alger, selon un communiqué de son staff. Ce qui constituera sa première apparition publique depuis le 8 mai 2012.

A cette date, il avait laissé croire à une succession ouverte en déclarant que sa génération avait «fait son temps». Le 22 février dernier, il a finalement annoncé sa décision de se lancer à la conquête d'un quatrième mandat après une lutte au sommet de l'Etat. Et malgré les doutes sur ses capacités à diriger le pays pendant un nouveau quinquennat.

Appel au boycottage du scrutin

Durant la campagne du 23 mars au 13 avril, les Algériens ont pu le voir à trois reprises à la télévision recevant de prestigieux invités. Sa maladie l'ayant empêché de mener lui-même cette campagne, il a chargé sept de ses proches de sillonner le pays pour convaincre les électeurs.

Quarante huit heures avant l'ouverture des bureaux de vote, il a exhorté les Algériens à se rendre aux urnes parce que «l'abstention dénote une propension délibérée à vouloir demeurer en marge de la nation».

Le taux de participation sera un des enjeux de la consultation. A la présidentielle de 2009, il était officiellement de 74,11%. Un câble de l'ambassade américaine à Alger révélé par Wikileaks l'avait cependant estimé entre 25 et 30%.

Une coalition de cinq partis d'opposition appelle au boycottage du scrutin, plaidant en faveur d'une «transition démocratique», tandis que le mouvement Barakat («Ça suffit»), hostile à un quatrième mandat de M. Bouteflika, juge que cette élection est «un non-événement».

Poids de la fraude

Outre la participation, c'est la fraude, «mal incurable» selon le quotidien El Watan, qui fait débat, après les récentes révélations d'un ancien wali (préfet) confirmant que cette pratique avait bien lieu.

Principal rival de M. Bouteflika et connaisseur des affaires du sérail, Ali Benflis a fait de cette question un thème majeur. Humilié à la présidentielle de 2004 (6%) par celui dont il fut l'homme de confiance au début de son premier mandat (1999/2004), Ali Benflis pense qu'une revanche est à portée de main.