L'élection présidentielle de jeudi sous haute tension

ALGERIE Abdelaziz Bouteflika, président depuis 1999 brigue un nouveau mandat malgré de graves problèmes de santé...

20 Minutes avec AFP

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Le candidat aux élections présidentielles et ancien Premier ministre, Ali Benflis lors d'une conférence de presse le 15 avril 2014.
Le candidat aux élections présidentielles et ancien Premier ministre, Ali Benflis lors d'une conférence de presse le 15 avril 2014. — Anis Belghoul/AP/SIPA

Des ombres du passé planent sur le scrutin de jeudi. Les Algériens doivent élire jeudi leur président lors d'un scrutin placé sous haute surveillance et pour lequel le sortant Abdelaziz Bouteflika apparaît comme le favori face à Ali Benflis qui a multiplié les mises en garde contre la fraude.

Six candidats dont une femme

Plus de 260.000 policiers et gendarmes seront déployés sur le terrain pour assurer la sécurité de près de 23 millions d'électeurs appelés à voter dans 50.000 bureaux en faveur de l'un des six candidats en lice, dont une femme, la députée trotskyste Louisa Hanoune. Briguant un quatrième mandat malgré ses ennuis de santé et des doutes sur sa capacité à diriger encore le pays pendant un autre quinquennat, Abdelaziz Bouteflika a exhorté les Algériens à se rendre aux urnes.

Appel au boycottage

Le ministre de l'Intérieur, Tayeb Belaïz, un proche de Abdelaziz Bouteflika, a assuré que «toutes les conditions de transparence, de neutralité et de sécurité seront réunies pour la réussite de ce scrutin». Une coalition de cinq partis d'opposition appelle au boycottage du scrutin, plaidant en faveur d'une «transition démocratique», tandis que le mouvement Barakat («Ça suffit»), hostile à un quatrième mandat de M. Bouteflika, juge que cette élection est «un non-événement».

La question de la fraude

Le taux de participation sera un des enjeux de la consultation. A la présidentielle de 2009, il était officiellement de 74,11%. Un câble de l'ambassade américaine à Alger révélé par Wikileaks l'avait estimée entre 25 et 30%.

Outre ce taux, c'est la fraude, «mal incurable» selon le quotidien El Watan, qui fait débat, de récentes révélations d'un ancien wali (préfet) ayant confirmé que cette pratique avait bien lieu. Principal rival de M. Bouteflika et connaisseur des affaires du sérail, Ali Benflis, ancien Premier ministre du président sortant, a fait de cette question un thème majeur de campagne. Humilié à la présidentielle de 2004 avec un score de 6%, par celui dont il fut l'homme de confiance au début de son premier mandat (1999/2004), Ali Benflis rêve d'une revanche qu'il croit à portée de main.

Ses mises en garde répétées ont fini par mettre de l'électricité dans une campagne terne et fait sortir de son silence un président Bouteflika, absent, qui a chargé sept de ses proches de sillonner le pays pour convaincre les électeurs.

Des imams salafistes ont évoqué le risque «de provoquer de nouvelles déchirures dans le corps de la nation» qui a «retrouvé la sécurité après la peur et le désespoir».«Nous avons une armée puissante et des services de sécurités forts, personne ne pourra nous déstabiliser», a menacé le directeur de campagne de Abdelaziz Bouteflika, Abdelmalek Sellal.