Qui est Martin Schulz, cet homme qui voulait être à la tête de la Commission européenne?

PORTRAIT Ce social-démocrate allemand, ancien libraire, pourrait devenir président de la Commission européenne...

20 Minutes avec AFP

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Le président du Parlement européen Martin Schulz, lors de son entretien avec l'AFP, le 8 avril 2014 à Bruxelles
Le président du Parlement européen Martin Schulz, lors de son entretien avec l'AFP, le 8 avril 2014 à Bruxelles — Georges Gobet AFP

Ses amis comme ses ennemis sont au moins d'accord sur un point: le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui rêve de devenir le prochain président de la Commission européenne, est un homme de caractère.

Avenant et chaleureux, mais aussi autoritaire, voire parfois brutal, cet autodidacte de 58 ans est l'invité d'honneur jeudi du lancement à Paris de la campagne des européennes du Parti socialiste.

C'est un fonceur qui, contrairement au président sortant, José Manuel Barroso, répugne à la langue de bois. Cet européen convaincu, qui parle parfaitement français, a été libraire à Würselen, dans la banlieue d'Aix-la-Chapelle, de 1982 à 1994.  A 19 ans, il adhère au SPD, le parti social-démocrate allemand. Et à 31 ans, il devient le plus jeune maire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mandat qu'il exerce pendant 11 ans avant d'être élu pour la première fois au Parlement européen en 1994.

Son ascension va dès lors être fulgurante. En 2000, il devient chef de file des députés du SPD au Parlement européen, avant d'être élu vice-président du groupe des députés socialistes. En 2004, il est élu à la tête de ce groupe politique, le deuxième du Parlement européen, qui rassemble notamment les élus européens du SPD allemand, du PS français, du Labour britannique ou encore du Parti démocrate italien.

Esclandre avec Berlusconi

Mais sa véritable notoriété doit beaucoup au coup d'éclat de l'ex-président du Conseil italien Silvio Berlusconi qui, en 2003, alors que l'Italie présidait l'Union européenne, avait déversé sa colère sur l'élu allemand.

Lors d'un débat au Parlement européen, en présence de Silvio Berlusconi, Martin Schulz avait évoqué «le virus des conflits d'intérêts». Piqué au vif, le Cavaliere avait répondu avec colère: «Monsieur Schulz, je sais qu'en Italie il y a un producteur qui est en train de monter un film sur les camps de concentration nazis. Je vous verrais bien dans le rôle du Kapo. Vous seriez parfait!»

Martin Schulz s'était contenté de répondre: «Mon respect pour les victimes du national-socialisme m'interdit de vous répondre». Une répartie digne saluée par les observateurs.

En 2012, en vertu d'un accord entre les conservateurs et les sociaux-démocrates pour se partager le perchoir à mi-mandature, Martin Schulz succède au discret conservateur polonais Jerzy Buzek.

Président du Parlement européen, Martin Schulz, qui n'a jamais été ministre, se bat pour faire entendre la voix et renforcer le rôle de cette institution, la seule directement élue au suffrage universel.

Sa volonté de faire sortir de l'ombre le Parlement est saluée, y compris par ses adversaires politiques.

En revanche, eurosceptiques et extrême droite le détestent. «Martin Schulz a la tête de Lénine et parle comme Hitler», ose l'ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen, un des trois élus FN au Parlement européen.